Articles de l'équipe

La sécurité : des chiffres qui parlent

Publié le 2 février 2022 - Michel Garneau

Securite_ImgPrincipal_860L.jpg

Soyons honnêtes : la sécurité n’est pas un sujet très « vendeur » pour la majorité des gens. Si des visions de paysages à couper le souffle ou les derniers modèles de motoneiges captent très bien notre attention et nos pensées, rares sont ceux et celles qui se laissent emporter par un élan de romantisme en prenant connaissance de notions telles que de garder la droite en tout temps, de suivre à une distance sécuritaire et autres. Toutefois, sans l’adoption de pratiques sécuritaires, tout le reste devient insignifiant, car faire de la motoneige à partir d’un lit d’hôpital – ou pire encore, d’un cercueil – relève de l’impossible.

Des décisions et des conséquences

Toute conséquence découle de décisions. Du Gros Bon Sens, dites-vous? Effectivement. Par contre, si cela est si simple, comment se fait-il que tant d’adeptes prennent des mauvaises décisions, souvent à leur propre détriment?

L’être humain est un animal imparfait et il nous arrive tous de nous laisser emporter par « la pensée magique », soit celle qui nous titille continuellement avec la notion que « ce genre de chose n’arrive qu’aux autres ». Voilà que la réalité est carrément autre et les statistiques en matière d’accidents et de décès démontrent clairement qu’au fil des ans, de nombreux adeptes ont subi des blessures, ou ont carrément perdu la vie, en pratiquant leur loisir favori tout en exerçant de mauvais choix. Chose certaine, aucun d’entre eux n’est parti en randonnée avec l’idée de revenir en civière, ou pire. Donc, comment comprendre ces fins d’aventures tragiques ou, à tout le moins, regrettables?

Securite_Droite_860L.jpg

Pas moins de 38 motoneigistes sont décédés suite à des collisions entre motoneiges depuis 2000-2001. Combien d’autres, toutefois, sont décédés ou ont subi des blessures graves suite à des manœuvres ratées visant à éviter des motoneigistes qui ne respectaient pas la règle de garder sa droite?

Dénominateur commun : l’imprudence 

Si l’on devait demander à 100 motoneigistes quelle serait la cause de ces tragédies, il y a fort à parier qu’un bon nombre, voire la majorité, s’empresserait de répondre « la vitesse ». Malheureusement, ces gens feraient fausse route, car la vraie réponse se résume à un seul mot : l’imprudence. Pour reprendre la question de la vitesse, au-delà de la conformité aux limites de vitesse prévues dans la Loi sur les véhicules hors route, le motoneigiste qui conduit à une vitesse qui ne lui permet pas de garder sa droite en tout temps fait preuve d’imprudence. Tout comme celui qui ne tient pas compte des conditions atmosphériques ou de visibilité. Sans oublier celui qui roule la nuit à une vitesse qui ne lui permet pas de profiter d’un temps de réaction suffisant.

Évidemment, l’imprudence ne se limite pas simplement à la question de la vitesse de conduite. Le motoneigiste qui ne garde pas sa droite en tout temps dans le sentier, peu importe sa vitesse, fait preuve d’imprudence. L’adepte qui ne s’immobilise pas proprement aux traverses de route adopte une conduite imprudente. Celui qui suit de trop près aussi. Sans oublier celui qui quitte le sentier balisé sur un cours d’eau. Ou encore le motoneigiste qui s’immobilise dans le milieu du sentier sur le descendant d’une pente ou à la sortie d’une courbe aveugle ? Et que dire de celui ou celle qui circule avec des capacités affaiblies?

Eh oui, l’imprudence peut prendre plusieurs formes, et chacune d’elles expose au danger le pilote et les autres utilisateurs des sentiers. Point final!

Securite_3CampagnesChocs_860L.jpg

Nul ne peut ignorer la réalité de l’impact des changements climatiques sur la pratique de notre loisir préféré. Sans une vigilance accrue de la communauté motoneigiste, nous risquons de voir le nombre de noyades grimper dans les années à venir.

Les panneaux d’arrêt que l’on retrouve aux traverses de route et d’entrée privée ne sont pas de simples ornements. Respectez-les et immobilisez-vous. Évitez de devenir une statistique.

Pas moins de 131 de nos confrères et consœurs sont décédés en 21 ans après avoir décidé de boire et de conduire. N’est-il pas temps de mettre fin à cette pratique? 

Vingt ans de statistiques

Dans le cadre d’un exercice de planification de ses activités de communication et de sécurité, la FCMQ a récemment entrepris une analyse des causes des décès à motoneige, le tout basé sur des données recueillies entre la saison 2000-2001 et la plus récente. Pendant cette période couvrant 21 saisons, 549 motoneigistes sont décédés. Ils ont perdu la vie brusquement, sans avoir eu la chance de dire au revoir à leurs familles, et ne pourront jamais poursuivre leurs rêves. Cinq cent quarante-neuf!

Depuis 21 ans, 549 motoneigistes sont décédés en pratiquant leur loisir préféré. Collectivement, tous ces décès ont eu des répercussions sur la vie de milliers d’amis et de proches. Pourtant, ces motoneigistes ne cherchaient aucunement à infliger un tel coup du destin à qui que ce soit, à plus forte raison à leurs enfants qu’ils ne verront jamais grandir.

Que dire de ce bilan? Dans un premier temps, nous savons tous que presque toute activité comporte des risques, et la pratique de la motoneige ne fait pas exception à la règle. Nous savons aussi qu’un décès est un de trop, qu’une blessure est une de trop. En examinant les données disponibles, nous constatons en outre qu’une vaste majorité des décès auraient pu être évités si seulement les victimes avaient pris de meilleures décisions. Comment décrire ce constat autrement que de souligner qu’il s’agit d’une véritable tragédie humaine.

Ce que les chiffres nous disent

Voici donc un survol de ce que nous disent les statistiques de décès recueillies par la FCMQ :

-  53 % des décès ont lieu la nuit;

-  52 % des décès ont lieu hors-sentier;

-  24 % des décès impliquent des facultés affaiblies;

-  14 % des décès sont le fait d’une noyade ou de l’hypothermie;

-  7 % des décès sont occasionnés par des collisions entre motoneiges.

Enfin, on nous parle d’une perte de contrôle comme étant la cause de décès dans 42 % des cas. Toutefois, ce que les statistiques ne disent pas concernant les données dans cette catégorie « fourre-tout », ce sont les causes de ces pertes de contrôle. S’agit-il de manque d’expérience? Quelqu’un qui a perdu le contrôle de sa motoneige tentait-il d’éviter un motoneigiste circulant en sens inverse et ne respectant pas sa droite? S’agit-il d’une perte de traction en raison d’une plaque de glace (ce que nous voyons de plus en plus souvent dans les sentiers en raison des changements climatiques)? Avons-nous affaire à un bris mécanique, par exemple dans le système de direction? Les causes possibles pour les prétendues pertes de contrôle sont nombreuses et, dans le cadre de la mise en place de mesures visant à réduire le nombre d’accidents et de décès, nous nous devons de nous pencher sur ces questions, plutôt que de s’arrêter à la première réponse qui cadre avec nos idées préconçues.  

Entre vos mains

Chacun de nous possède l’outil nécessaire pour éviter tout ce drame : il s’agit de la masse grise et gélatineuse qui repose derrière nos yeux. Eh oui, notre cerveau. Ainsi, il incombe à chacun de nous de prendre de meilleures décisions, et ce, afin de rendre notre loisir préféré plus sécuritaire non seulement pour nous-mêmes, mais également pour tous ceux et celles avec qui nous partageons les sentiers. N’oubliez pas, les 549 personnes qui sont décédées depuis l’an 2000 ne pensaient certainement pas connaître leur fin à motoneige. Nous sommes d’avis que 549 victimes, c’est tout simplement beaucoup trop. Pensez-y. Le choix vous appartient. 

Securite_GlaceRavin_860L2.jpg

Des conditions de glace (souvent aux entrées et sorties de virage ou dans les pentes) sont de plus en plus fréquentes depuis quelque temps. En plus d’ajuster votre vitesse à la baisse, vous pouvez améliorer la sécurité de vos randonnées en munissant votre motoneige de crampons. Voilà un investissement proactif pour votre bien-être.

La consigne de demeurer dans les sentiers ne relève pas uniquement du besoin de sécuriser nos précieux droits de passage. Comme cette caricature le démontre si bien, rester dans le sentier c’est aussi circuler dans un endroit sécuritaire libre d’obstacles. 

Ces articles pourraient vous intéresser