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Megan Brodeur, championne du monde de snocross pour la 3ème fois !

Publié le 15 avril 2020 - Par François Cominardi, photos Claude Prud’homme (Studio-017)

Megan Brodeur, vingt ans, de Coaticook, domine la scène du snocross mondial. C’est une ambassadrice parfaite pour le sport et elle est l’étoile québécoise de la discipline qui brille aux États-Unis.

Une saison dominante

La saison 2019-2020 du circuit ISOC (ou International Series of Champions) a été écourtée de deux courses. Sur douze compétitions, Megan en a remporté onze. Lors de la dernière manche à Salamanca, la pilote de Coaticook a fait une chute spectaculaire. Une figure qui ne fait pas partie de ses habitudes, tant elle nous a habitué à des courses réglées au métronome. On aurait pu croire que tout était fini, mais Megan est remontée sur sa Ski-Doo, pour obtenir la deuxième place, la pire position de la saison ! Elle a remporté la classe reine féminine Pro Am Women, avec 71 points d’avance sur sa plus proche rivale, Taven Woodie.

L’arbre et la pomme

Son père Patrick Brodeur est un pilier de la communauté. Pilote apprécié, il sait manier la dameuse et il aide pendant les courses du circuit SCMX québécois. Il a même aménagé, près de la maison familiale, une piste d’entrainement privée pour Megan : bien utile pour garder la main ! Il est également son mécanicien pendant la saison hivernale (même aux États-Unis), et pendant la saison estivale pour le motocross.

Sans grande surprise, cette fille de pilote est montée sur sa première motoneige à 7 ans. La première course a eu lieu pour ses 10 ans. La petite Megan a gagné très rapidement et elle a vite aimé rouler avec les gars, plus agressifs dans leur pilotage.

Fidèle à Ski-Doo, elle a commencé à recevoir du support de la société de Valcourt à partir de l’âge de 14 ans. C’est à cette époque qu’elle s’est attaquée au championnat américain. Dès sa première course, elle est montée sur la deuxième marche du podium, ce qui a été une grande motivation et l’un de ses beaux souvenirs. Parmi ses autres meilleurs souvenirs, elle cite également sa première victoire américaine à New York en 2015 et sa première couronne mondiale, des moments forts qui ont marqué sa carrière exceptionnelle malgré son jeune âge.

L’inspiration

Parmi les femmes de la discipline, deux championnes du monde l’ont inspirée. La suédoise Marica Renheim qui a été championne du monde en 2015 et la québécoise Jennifer Paré, championne du monde en 2012. Megan se rappellera toujours de cette course à Louiseville où elle avait fini devant Jennifer à l’âge de 14 ans. C’est peut-être le déclic qui a convaincu le papa de traverser la frontière pour courir en ISOC. Ces deux pilotes lui ont permis de croire en ses rêves et d’ouvrir la porte comme elle l’ouvre aussi maintenant à la nouvelle génération. Chez les hommes, son inspiration est Tucker Hibbert, un pilote américain qui a gagné 10 fois le championnat américain, 2 fois le championnat du monde FIM, et qui a récolté 10 médailles d’or aux X Games.

Coiffant sa troisième couronne mondiale en snocross à l’âge de 20 ans, c’est certain qu’elle inspire à son tour. Sa popularité lui apporte une belle visibilité sur les plateaux de télévision, à la radio et dans les magazines et elle devient un exemple pour la discipline. Derrière le sourire (réel) et l’aisance pour s’exprimer, il y a un gros travail de préparation, des sacrifices, de la minutie et de la discipline.

Pilote et étudiante

Megan fait partie de l’équipe de course Anderson Racing, une équipe familiale dirigée par Mike Anderson qui fait courir ses enfants Korbyn, Camryn et Collin. L’hiver, pendant les courses, elle prend l’avion le jeudi avec son père et revient le dimanche soir à Coaticook. La Ski-Doo de la jeune coaticookoise voyage dans le camion de l’équipe et reste aux États-Unis. Heureusement, elle en possède une autre au Québec pour s’entrainer sur la piste damée par son père à côté du domicile familial. Elle en profite aussi pour participer à quelques courses du circuit SCMX québécois, avec les gars, pour pimenter un peu. Et bien sûr, il y a le Grand Prix Ski-Doo de Valcourt, son événement préféré dans son Estrie natale, qu’elle ne veut manquer sous aucun prétexte.

Megan est toujours étudiante au Cégep mais avec un horaire adapté. En été, elle s’adonne au motocross en pratique et en compétition et ce, toujours avec son père mécanicien, sa sœur Océanne qui pilote et Laurianne qui supporte. L’équipe ne serait pas complète sans sa maman Manon Boutin, qui s’occupe de la logistique. Le motocross est très complémentaire à la motoneige car les circuits sont similaires. Les muscles sont sollicités de la même manière et c’est un bon exercice pour l’intersaison, même s’il faut éviter les blessures. Pour ne pas abimer les muscles qui sont très sollicités pendant une fin de semaine de course, elle est suivie par un préparateur physique et elle travaille la masse musculaire hors saison et le cardio pendant la saison.

L’invasion québécoise

Megan Brodeur n’est pas étrangère à cette invasion québécoise en sol américain; après tout, ce n’est pas moins d’une quinzaine de pilotes québécois qui ont traversé la frontière cette saison pour participer au moins une fois au championnat nord-américain ISOC. En tant que chef de file du snocross québécois, et suite à la retraite pro de Tim Tremblay, je lui ai posé une question importante : Quels pilotes représentent la relève du snocross québécois ? Megan a pris le temps de réfléchir, consciente que les personnes non mentionnées seraient déçues, mais elle a cité quelques noms privilégiés :« Émeric Legendre-Perron a beaucoup de potentiel. Il a remporté 2 titres américains junior 14-15 et 15-16 ans et une deuxième place en Sport Lite pour sa première participation ISOC. Théo Poirier prend de l’assurance et il est sur les podiums. Jordan Lebel est champion chez les Sports. Il a gagné 8 fois, alors qu’il y a beaucoup de monde dans cette classe. La famille Lebel est passionnée avec Dylan et Naeli. On peut citer Francis Pelletier, champion Pro Lite ISOC avec 4 victoires et des podiums, et également Samuel Blouin qui se rapproche des podiums. D’autres pilotes québécois tout aussi méritants ont passé la frontière. Samuel Lavoie du Bas-Saint-Laurent a fini deux courses en 6ème et 7ème place. Certains n’ont pas fait toute la saison, comme Jeremy Beaulieu qui a décroché des premières places dans les classes Sport Lite, Junior 14-15 et Junior 16-17. Dans l’équipe Saint-Laurent, Jean-Sébastien Côté a obtenu une cinquième place en Pro Am +30 pendant que William Saint-Laurent emmagasinait de l’expérience sur deux courses chez les Pro Lite. Keven Kelly a participé à deux finales Pros et, il s’est bien battu malgré une sortie de piste impressionnante. De son côté, Maxime Taillefer s’est bien comporté et a obtenu ses meilleurs résultats à la dernière manche de Salamanca. Nathan Mailloux continue sa progression et il s’est permis une deuxième place à Shakopee aussi bien chez les Junior 14-15 que dans la classe Junior 16-17. Enfin, André Pilon a terminé huitième en finale Pro Am +30 à Salamanca. »

Le futur

Megan a encore plusieurs années devant elle pour mettre le snocross à l’avant-plan et donner au sport une image positive grâce à ses performances, son sourire, son attitude constructive et le respect de ses adversaires. Il faut lui souhaiter un jour lointain d’être intronisée au Snowmobile Hall of Fame, aux côtés de Joseph-Armand Bombardier, Yvon Duhamel ou Jacques Villeneuve.

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