Industrie

Motoneige et environnement : Un bilan positif

Publié le 28 janvier 2020 - Michel Garneau

L’environnement est une préoccupation prioritaire pour chacun d’entre nous. C’est d’ailleurs la superbe opportunité d’interagir de façon intime et personnelle avec celle-ci qui motive bon nombre d’entre nous à pratiquer ce superbe loisir qu’est la motoneige. Nous voici rendus au Mois de l’environnement pour la communauté motoneigiste. Non seulement s’agit-il du moment idéal pour auto-examiner nos propres comportements et chercher des moyens d’améliorer notre propre bilan environnemental, mais aussi de l’occasion parfaite pour partager l’immense progrès qu’a réalisé notre industrie. Vous n’êtes pas sans savoir que notre activité ne profite pas de la meilleure réputation chez certaines personnes. Force est de constater que les individus qui détiennent cette opinion négative sont plus souvent qu’autrement enlisés dans le passé, à une période où l’activité était à ses débuts et où les motoneiges étaient plutôt rudimentaires. Les faits et la réalité étant depuis toujours la meilleure défense contre les faussetés, les demi-vérités et les légendes urbaines, voici un survol de certains progrès importants qui ont marqué notre industrie, en plus de l’heure juste sur certaines questions traitant de l’impact de notre industrie sur la faune et la flore.    

La consommation des motoneiges modernes est à des années-lumière de celles du passé. Par exemple, dans le cas du moteur Rotax 600 ACE (comme sur cette Renegade Sport 600 ACE 2020),

Ski-Doo annonce une consommation de seulement 8L/100 km, soit inférieure à de nombreuses autos et camions!

Mythe : Les moteurs de motoneige utilisent des anciennes technologies et sont polluants.

Si le constat ci-dessus avait dû être débattu aussi tard qu’au début du millénaire, il faut avouer que nous aurions dû malheureusement céder le point. Toutefois, en 2020, la réalité est toute autre. 

Depuis plus de 10 ans maintenant (soit depuis l’adoption des normes de gaz d’échappement; voir l’encadré intitulé Le point sur les normes de gaz d’échappement), l’industrie de la motoneige a beaucoup évolué. Les motoneiges modernes sont nettement plus propres et écoénergétiques que celles du passé, l’industrie s’étant prise en main pour améliorer la cohabitation de l’activité et des adeptes avec les riverains et citoyens. Les adeptes aujourd’hui ont droit à des motoneiges munies de moteurs à technologie propre, soit à moteurs quatre-temps, ou à moteurs deux-temps à admission par injection directe ou semi-directe.

Mythe : Les moteurs de motoneiges déposent des contaminants sur la neige et causent la dégradation de la qualité de l’eau. 

Des recherches ont été faites sur ce sujet bien précis et les résultats ne soutiennent pas cette affirmation. Pour commencer, presque toutes les émanations libérées à l’échappement sont en phase vapeur (composés organiques les plus volatils, ou COV) et ont donc tendance à s’évaporer en cinq minutes. Seul un très petit pourcentage d’émissions de HC (carburant et huile non brûlés) s’emmagasine dans la neige et les études menées sur le ruissellement des eaux indiquent que l’impact de ceux-ci est négligeable.

Les nouvelles générations de moteurs deux-temps utilisées dans les motoneiges modernes sont dotées de pompes à l’huile électronique, chose qui permet une gestion optimale de la consommation d’huile. Ensemble avec des améliorations dans la qualité des huiles (entre autres avec des huiles synthétiques de qualité supérieure), les nouveaux moteurs consomment moins de la moitié de l’huile que par le passé, et celle-ci brule plus proprement également. Ceci a pour effet de réduire les odeurs et les émanations de façon importante. Il va de soi que les traces de HC laissées dans le manteau neigeux sont aussi minimisées davantage.

Mythe : Les motoneiges sont bruyantes, beaucoup plus que les véhicules routiers.

Toutes les motoneiges modernes sont soumises à deux tests sonores élaborés par la Society of Automotive Engineers (ou société des ingénieurs automobile, SAE) et certifiés de manière indépendante par un organisme tiers reconnu internationalement. En place depuis 1976, ceux-ci ont eu pour effet de réduire les niveaux sonores de façon dramatique. De plus, la clientèle et le marché évoluent et les motoneigistes exigent des motoneiges plus silencieuses. Voilà pourquoi les nouvelles motoneiges utilisent davantage de technologies et de systèmes conçus pour atténuer le bruit. Par exemple, elles sont dotées de capots et couverts d’embrayages isolés, des systèmes d’admission d’air calibrés, entre autres. On a également misé sur le bruit émis par les chenilles, deux fabricants offrant des motoneiges munies de chenilles avec technologie breveté qui réduit le bruit.

Les problèmes de niveaux sonores excessifs se produisent quand des motoneigistes irresponsables modifient les systèmes d’échappement de leurs motoneiges ou substituent les systèmes d’origine avec des systèmes d’échappement de course, une pratique qui est illégale au Québec. Une motoneige moderne qui n’a pas été modifiée avec un système d’échappement bruyant est un véhicule silencieux, avec des niveaux sonores qui se comparent favorablement aux autres véhicules, dont les modèles routiers.

Une étude entreprise en 2014 par Greg Davis, un étudiant sénior en génie mécanique à la Michigan Technical University intitulée Comparing Sound Emissions of Snowmobiles to those of Road Vehicles (ou comparaison des émanations sonores des motoneiges à ceux des véhicules routiers), utilisant les critères de la norme du test SAEJ192 (qui est obligatoire pour les motoneiges), conclut que « les motoneiges ne produisent pas beaucoup plus de bruit que les véhicules routiers normaux. Dans de nombreux cas, les motoneiges sont sensiblement moins bruyantes ».

Mythe : Les motoneiges effrayent les animaux et leur cause beaucoup de stress.

Au fil des années, de nombreuses études (plus de 100 en fait) furent effectuées sur les impacts de la motoneige sur la faune. Ces études couvrent une longue période temps – du début des années 1970 quand la motoneige émergeait comme activité d’hiver – à celles au cours des dernières années. Que l’on examine les premières études (dont les résultats demeurent valides aujourd’hui) ou celles complétées récemment, les conclusions sont les mêmes : l’activité de la motoneige n’a pas d’effet significatif sur les populations fauniques.

De nombreuses études ont conclu que les espèces fauniques sont plus perturbées par les skieurs de fond et les gens à pied que par les motoneiges. Dans les faits, lors de certaines études, les animaux n’ont pas réagi à la présence de motoneigistes à bord de motoneiges mais se sont évadés aussitôt que les motoneigistes sont débarqués, soit aussitôt que les animaux ont aperçu une silhouette humaine.

Saviez-vous que :

La superficie couverte par le réseau de sentiers de motoneiges québécois est minime relativement à la superficie de la province. Plus précisément, l'ensemble de la masse continentale du Québec comprend 1 542 190 kilomètres carrés alors que la surface couverte par les quelques 33 699 km de sentiers de motoneige représente moins de 182 kilomètres carrés, faisant en sorte que les sentiers reposent sur seulement 0,01 % du total de la surface de la province.

Des études démontrent que la présence de sentiers de motoneige augmente la capacité de survie en hiver pour plusieurs animaux, leur permettant de conserver de l'énergie lorsqu'ils se déplacent et cherchent de la nourriture.

Les sentiers de motoneige sont construits de sorte à éviter les zones sensibles, l'habitat des espèces en péril et autres régions possiblement susceptibles du point de vue écologique. De plus, ceux-ci, ainsi que les ponts et ponceaux qui protègent les traverses d'eau, les rives et les frayères, sont planifiés et existent avec l'approbation des ministères concernés.

Le programme de certification écoSentier, élaboré en partenariat par la FCMQ et Nature-Action Québec (NAQ), est une initiative tout à fait unique en son genre au monde. Celui-ci vise à favoriser l’adoption de pratiques écoresponsables pour l’aménagement et l’entretien de sentiers de motoneige dans toutes les régions du Québec, assurant ainsi une gestion durable des sentiers. Pour en connaître davantage sur écoSentier, veuillez visiter le ecosentier.ca.

En 2018, 133 081 motoneiges ont été vendues sur la marché mondial (dont 46 784 au Canada). Durant la même période, il s’est vendu 62 000 000 motos et scooters (selon motorcyclesdata.com). Et voilà que pourtant, les fabricants de motoneige offrent des motorisations quatre-temps turbocompressés et deux-temps à injection directe, deux options qui ne sont pas disponibles sur le marché de la moto. Quant aux moteurs deux-temps à injection semi-directe, ceux-ci sont disponibles uniquement sur certaines motos KTM et Husqvarna, et ce uniquement depuis 2017 (alors qu’ils existent dans le marché de la motoneige depuis 2003).    

Le renouvellement rapide de la flotte de motoneiges au Québec assure un rajeunissement continuel des modèles circulant dans nos sentiers. En effet, bien au-delà de la moitié des motoneiges qui circulent dans nos sentiers ont été fabriquées depuis moins de 7 ans et le pourcentage de motoneiges fabriquées depuis 2006, soit l’année de l’introduction des normes de gaz d’échappement, s’élève à environ 90%. Il est donc clair que les motoneiges qui circulent dans nos sentiers aujourd’hui utilisent et sont fabriquées avec des technologies de pointe. Elles sont sont propres, silencieuses et respectueuses des normes environnementales.

La motoneige est le seul véhicule à devoir passer un test sonore à plein gaz (soit le SAE J192). On nous dit que très peu de véhicules routiers à moteur à explosion (dont aucun camion), réussiraient à passer le test en question.

Le point sur les normes de gaz d’échappement

Aux États-Unis, la Environmental Protection Agency (EPA, ou agence pour la protection de l’environnement) est, comme son nom l’indique, l’agence gouvernementale chargée de protéger l’environnement au pays. Fidèle à son mandat, l’EPA a procédé au début du millénaire à une évaluation de la contribution de divers secteurs d’activité à la production totale de certains gaz polluants au pays, dont les hydrocarbures non brûlés (HC), le monoxyde de carbone (CO), les oxydes d’azote (NOx) et enfin les matières particulières (MP). La motoneige fut une des industries qui fut évaluée et les résultats sont probants. En terme de pourcentage de contribution aux émanations totales au pays, les contributions liées à la motoneige étaient les suivants : HC : 1,2 %, CO : 0,5 %, NOx : 0,007 % et MP : 0,07 %.

Après avoir analysé ces résultats, l’EPA n’avait aucune intention de réglementer les motoneiges jugeant que cela n’en valait pas la peine. Cependant, sentant le changement dans l’opinion publique, de même que les attaques grandissantes contre notre activité par des groupes environnementaux radicaux (armés de monceaux de désinformation; voir la photo et la vignette ci-dessous), les quatre principaux fabricants de motoneige ont approché l’EPA pour qu’elle élabore des normes. Ainsi débuta le processus de consultation et les travaux qui ont mené au lancement des nouvelles normes commençant avec les modèles 2006.

Les fabricants, cherchant à élaborer des normes qui reflétaient une utilisation réaliste des motoneiges, ont retenu les services de la Southwest Research Institute (SRI), une firme spécialisée dans l’évaluation et l’analyse des émanations de gaz de moteurs. On a réussi à réaliser un cycle d’évaluation réaliste et celui-ci servi à établir une base de référence pour les moteurs de motoneiges (basée sur des modèles de l’année-modèle 2002). Voici le résultat des tests qui ont servi de base pour l’élaboration des normes, ainsi que les normes qui en sont découlées :

 

ANNÉE-MODÈLE HC (g/kW-hr) % (vs 2002) CO** (g/kW-hr) % (vs 2002)
2002 (référence) 15 s.o 40 s.o
2006* 10 -33.3% 27 -32.5%
2007-2009* 10 -33.3% 27 -32.5%
2010-2011* 7 -53.3% 27 -32.5%
2012+* 7 -53.3% 20 -50%

* Normes EPA/Environnement Canada; Les normes de l’EPA ont été entérinées officiellement par Environnement Canada en 2011, bien que les motoneiges vendues au Canada ont toujours été conformes aux normes EPA.

** Le CO est un gaz toxique produit par la combustion incomplète d’un hydrocarbure.

Comme vous le constaterez, la quantité de gaz polluants produite par les motoneiges modernes est nettement inférieure, parlons de moins de 50% de moins que celui des motoneiges datant d’une quinzaine d’années. Voilà un bilan positif!

Le développement d’un cycle d’essai fiable et crédible par le SRI a permis de dresser un portrait précis sur les émanations des moteurs de motoneiges. Avant ceci, certains groupes environnementaux utilisaient des essais conçus pour une tondeuse à gazon. En comparant les résultats de ce test avec ceux du SRI, on a découvert que le « test de tondeuse » surestimait le HC de 76%, le CO de 77%, le NOx de 45% et les PM de 66%. Curieusement, certains groupes radicaux continuent à véhiculer ces résultats fautifs encore aujourd’hui.

À votre tour

Alors, compte tenu de tous ces progrès remarquables, pouvons-nous, motoneigistes individuels, nous permettre de surfer sur la vague des efforts des ingénieurs et des clubs? Bien au contraire ! Comme citoyens responsables et soucieux de l’environnement, nous devons plutôt nous inspirer de ces gestes et de ces bonnes nouvelles et y contribuer davantage par nos propres actions. La préservation de nos milieux naturels est une responsabilité collective et chacun doit s’y mettre. Le futur de notre faune et flore, ainsi que de notre activité, en dépendent, alors voyons-y. 

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