L'Atelier

Conseils pratiquespour profiter de votre motoneige

Publié le 14 décembre 2008 - Michel Garneau

À moins que vous ne soyez riche, votre nouvelle motoneige représente un investissement important de votre part (surtout si l’on tient compte du fait qu’il s’agit d’une dépense de loisir). Par conséquent, mieux vaut maximiser le plaisir que vous en tirez et prendre des mesures qui vous assureront une fiabilité et une longévité optimales, non seulement pour des raisons financières, mais encore pour ne perdre aucune occasion de pratiquer votre sport préféré (nos hivers étant relativement courts après tout) en raison de bris mécaniques tout à fait évitables. Voici donc quelques trucs qui vous aideront à maximiser la performance et la durabilité de votre monture afin d’en profiter plus pleinement.

La réalité et les contraintes des modèles de série

Les motoneiges modernes sont des véhicules remarquables, offrant à leurs propriétaires une tenue de sentier, une performance et un confort hors pair. Cependant, comme nous l’avons mentionné dans le passé, toute motoneige est conçue pour convenir à une large plage d’utilisateurs qui varient non seulement par leur poids et leur taille, mais encore par leur technique de conduite.  De plus, bien que les motoneiges modernes soient beaucoup plus spécialisées qu’auparavant et répondent plus précisément aux exigences de chaque segment d’utilisateurs (touring, montagne, utilitaire…), les fabricants doivent tout de même viser une certaine polyvalence lorsqu’il s’agit de choisir les réglages et les caractéristiques de série, et opter pour les meilleurs compromis. De même, les concessionnaires effectuent souvent l’assemblage et la préparation des nouvelles motoneiges en fonction de M. et Mme Tout-lemonde (et dans les conditions précipitées du début de
saison).

Loin d’être une condamnation des fabricants et des concessionnaires, ces faits ne sont que l’expression d’une réalité à laquelle tout motoneigiste doit faire face à moins d’être prêt à débourser d’immenses sommes pour une motoneige sur mesure. Heureusement, il est possible d’apporter des améliorations à votre motoneige afin de mieux l’adapter à vos besoins.

Sortez votre coffre à outils…

Il existe une foule de produits sur le marché pouvant améliorer la performance de votre motoneige, mais il n’est pas nécessaire de sortir votre portefeuille ou votre carte de débit pour améliorer le comportement de votre véhicule. Un simple assortiment d’outils de base et quelques minutes suffisent à transformer votre motoneige. Voici quelques trucs simples et pratiques.

Réglage des commandes

Le guidon, la manette d’accélération et le levier de frein sont vos principaux points de contact avec votre motoneige (le banc et les marchepieds en sont aussi, mais ne sont généralement pas réglables). Il va sans dire que le réglage de ces commandes est un facteur critique influant non seulement sur votre capacité de maîtriser votre motoneige, mais encore sur votre niveau de confort. Il est donc important (et sage) de consacrer quelques minutes à régler les commandes.

De façon générale, celles-ci devraient être placées dans une position naturelle, c’est-à-dire de façon à être accessibles lorsque les bras et les mains sont tendus. Une position trop haute ou trop basse entraîne une flexion du poignet, ce qui peut nuire à votre interaction avec la motoneige et à votre confort. Cependant, si vous roulez souvent debout (par exemple si vous êtes amateur de bosses ou que vous utilisez votre motoneige à des fins utilitaires), il serait peut-être plus pratique de régler les commandes pour parvenir à un compromis entre la station debout et la position assise.

Certaines motoneiges (comme cette F5 d’Arctic Cat avec le système IRP) viennent munies d’une ergonomie ajustable.

Réglage de la suspension

Les motoneiges modernes sont dotées de systèmes de suspension très sophistiqués (possiblement les plus avancés et complexes de tous les véhicules de série fabriqués actuellement) et réglables. Malheureusement, beaucoup de gens ne profitent pas pleinement de cette dernière caractéristique et n’obtiennent donc pas la meilleure performance possible de leur motoneige. Un bon réglage de votre suspension constitue sans aucun doute la meilleure façon d’investir votre temps et vos efforts dans votre motoneige, et rendra celle-ci plus performante, confortable et sécuritaire ainsi que moins fatigante à conduire. Bien que certains soient intimidés par cette démarche, elle n’est pas difficile et il suffit d’un peu de patience et de volonté pour améliorer le comportement de votre motoneige en plus d’approfondir vos connaissances. Pour plus d’information à ce sujet, veuillez consulter notre article au sujet des suspensions.  Toujours du côté de la suspension, il est bon de vérifier l’état et le fonctionnement des amortisseurs à l’occasion.  Une fuite d’huile indique qu’un joint d’étanchéité est détérioré et que l’amortisseur doit être remplacé (s’il n’est pas remontable) ou réparé (s’il l’est). Si l’amortisseur doit être réparé, profitez-en pour le faire recalibrer si vous n’êtes pas satisfait du calibrage de série.

Régime d’inspection

Une inspection occasionnelle de votre motoneige vous aidera à découvrir tout problème avant qu’il ne devienne trop sérieux et ne vous cause des ennuis (en vous laissant en panne sur le bord du sentier ou en vous coûtant une fortune à réparer). Les vibrations et les chocs que subit continuellement une motoneige font en sorte que des boulons se dévissent et des pièces s’usent. Bien qu’une vérification rapide avant chaque randonnée soit fortement recommandée, il est bon d’entreprendre une inspection plus rigoureuse quelques fois par hiver ou après une longue randonnée (si possible en rentrant la motoneige pour que la chaleur fasse fondre la glace et afin de mieux accéder à tous les composants). Dans le cas d’écrous desserrés, un adhésif frein-filet de type Loctite peut se révéler très utile.  En dépit de l’amélioration considérable des procédures de préparation des nouvelles motoneiges (autant chez les fabricants que chez les concessionnaires), il est recommandé d’effectuer une vérification détaillée de votre nouvelle motoneige avant de vous aventurer sur les sentiers. Comme le dit si bien le vieux dicton, mieux vaut prévenir que guérir.

Lubrification

Bien qu’on associe généralement le mot lubrification à
l’huile de moteur (qu’il s’agisse d’un deux temps ou d’un quatre temps), il existe une multitude de points de friction et de pivotement importants situés ailleurs sur votre motoneige, notamment dans la suspension arrière ainsi que dans les systèmes d’entraînement et de direction. Un graissage vous permettra non seulement d’optimiser le fonctionnement de votre suspension arrière (pour un confort accru) et d’alléger la direction, mais encore d’améliorer la durabilité et la fiabilité des composants (comme les roulements du système d’entraînement) en réduisant la friction et en chassant l’eau.

Purge du frein
La présence d’air dans un système de freinage hydraulique réduit son efficacité (ce qui peut se traduirepar un levier « spongieux »), car l’air absorbe une partie de la pression destinée à l’étrier. Un petit truc pour aider à purger l’air du système est d’appliquer le frein et d’immobiliser le levier pendant une période prolongée (disons 24 heures) en s’assurant de placer le guidon (généralement en le tournant à l’extrême droite) de façon à ce que le réservoir du maître-cylindre constitue le point le plus haut du système. Pour les motoneiges munies d’un frein de stationnement hydraulique, il suffit d’actionner celui-ci pendant le temps requis. Cependant, si le frein de stationnement est actionné par un câble, vous pouvez utiliser une attache à tête d’équerre (« tie-wrap ») pour immobiliser le levier afin obtenir le même résultat.

Phare avant

Bien que tous les motoneigistes n’aiment pas nécessairement circuler la nuit, il est recommandé de régler correctement le phare avant de votre motoneige (car on ne sait jamais quand on peut en avoir besoin). En plus de maximiser l’efficacité de votre phare avant, ce réglage vous empêchera d’aveugler les autres véhicules que vous croiserez. Ceux qui aiment rouler la nuit et qui recherchent un meilleur éclairage peuvent remplacer leur phare de série par un modèle plus efficace (par exemple en consultant un centre de pièces d’automobile).  Poignées chauffantes.  Les poignées chauffantes figurant sur les nouvelles motoneiges sont très efficaces. Cependant, si vos mains sont sensibles au froid ou que votre motoneige date de quelques années, vous pouvez améliorer la performance de vos poignées chauffantes en remplissant le guidon de mousse bouche-fentes en aérosol.

Alcool isopropylique

Se retrouver en panne sur le bord d’un sentier, immobilisé par une conduite d’essence gelée, est loin d’être plaisant, et devoir remplacer un piston (ou faire revêtir une paroi de cylindre) pour la même raison n’a rien d’agréable. Malheureusement, une faible quantité d’eau dans votre réservoir d’essence peut justement vous causer ce genre d’ennuis. L’utilisation d’un antigel à base d’alcool isopropylique aide à évacuer (ou plutôt à absorber) l’eau du système d’alimentation, ce qui vous permet d’éviter ce genre de mésaventure.

Nettoyage
Si vous êtes propriétaire d’une motoneige dotée de panneaux latéraux de couleur pâle, vous avez sûrement remarqué que ceux-ci ont tendance à noircir à la longue, victimes de l’emplacement du point de sortie des gaz d’échappement. Heureusement, il existe sur le marché des produits très efficaces (comme les nettoyants SuperClean de Castrol et Spray Nine, par exemple) pour remettre les choses pratiquement à neuf. Si la graisse vous cause des ennuis, le WD40 est une véritable merveille. Bien que les nettoyants à base de silicone (tels qu’Armor All et Son of a Gun) soient excellents lorsqu’il s’agit d’améliorer l’apparence du banc de votre motoneige, résistez à la tentation de les utiliser de cette façon, car ils rendront votre siège très glissant (ce qui est non seulement frustrant, mais encore potentiellement dangereux). Le cirage de la cabine peut se révéler utile puisqu’il contribue à protéger le plastique contre les effets néfastes des rayons ultraviolets du soleil.

Si vous devez transporter votre motoneige sur une remorque ouverte, il est recommandé de la net - toyer dès que possible après le transport, avant que le sel n’attaque l’aluminium et la peinture. Les tiges et les joints d’étanchéité des amortisseurs sont particulièrement vulnérables aux dommages causés par le sel.

Manuel de réparation

Pour ceux qui ont des aptitudes mécaniques, l’achat du manuel de réparation du fabricant (tel qu’utilisé par les mécanos chez votre concessionnaire) peut se révéler un investissement judicieux. Bien que ce manuel ne soit pas gratuit, il vous permettra d’effectuer une bonne partie, voire la totalité (selon les outils à votre disposition), de votre entretien et de vos réparations, vous épargnant ainsi des sommes importantes à long terme.

Pour les plus ambitieux

Ceux qui cherchent à profiter davantage de leur monture peuvent opter pour des investissements de temps ou d’argent supplémentaires. La liste des possibilités est presque infinie, mais deux choix relativement peu coûteux et très rentables sont la pose de crampons et l’installation d’un ensemble d’embrayage. Comme nous l’avons mentionné à quelques reprises dans le passé, la pose de crampons constitue le meilleur investissement que vous puissiez faire pour améliorer la sécurité de vos randonnées. Si l’on tient compte du fait que le prix d’achat d’une nouvelle motoneige atteint facilement les cinq chiffres, une dépense de quelques centaines de dollars pour ce dispositif de sécurité est relativement mineure. Par ailleurs, en plus de vous protéger personnellement contre les accidents causés par la présence de glace sur les sentiers, les crampons protègent aussi votre motoneige.

Ceux qui cherchent à optimiser davantage l’efficacité du sytème de freinage peuvent poser un conduit en acier tressé (comme celui-ci) afin de diminuer la flexion et améliorer la réponse.

Les crampons sont des dispositifs de sécurité éprouvés, et relativement peu dispendieux.

Un ensemble d’embrayage bien choisi, quant à lui, vous permettra de mieux calibrer la performance de votre motoneige selon votre utilisation. Si les gens ont tendance à penser uniquement à la dimension performance, un ensemble d’embrayage peut être calibré afin de mieux répondre à pratiquement n’importe quel besoin, par exemple pour améliorer l’économie de carburant ou obtenir un meilleur comportement hors piste.

Voilà. En suivant une ou plusieurs de ces recommandations, vous obtiendrez une motoneige répondant mieux à vos exigences et vous aurez également la satisfaction de savoir que c’est vous qui l’avez améliorée.

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