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La passerelle du 49eUne oeuvre collective

Publié le 16 décembre 2018 - Yves Ouellet

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Il faut remonter jusqu’en 2005 pour revenir à la source du projet de création d’un parc régional mis de l’avant par la MRC Maria-Chapdelaine. Lors de consultations publiques qui se sont déroulées en 2013, la mise en valeur des nombreuses rivières du nord-est du Lac-Saint-Jean ainsi que la priorité accordée à la motoneige et au quad sur le territoire étaient déjà reconnues. Le parc régional des Grandes-Rivières du Lac-Saint-Jean prend forme l’année suivante, puis sa gestion est confiée à la MRC.

Pour financer cet ambitieux projet, le gouvernement du Québec approuve en 2016 l’aménagement d’une mini-centrale hydroélectrique sur la onzième chute de la rivière Mistassini. C’est la même année que les travaux de construction d’un sentier polyvalent pour véhicules récréatifs sont entrepris. Après des investissements de plus de 6 millions de dollars, les premiers motoneigistes ont circulé l’hiver dernier sur un nouveau circuit de 236 kilomètres reliant Normandin à Péribonka en passant par tous les petits villages dispersés sur cet immense territoire de 40 000 km² et la principale ville du secteur, Dolbeau-Mistassini.

Déjà, le sentier était intégré à la carte officielle du réseau québécois de sentiers de motoneige et, cette année, tous les ajustements à réaliser après la période de rodage auront été complétés. La Passerelle du 49ᵉ sera alors prête à accueillir tous les motoneigistes à l’affut de nouveautés. Les principaux clubs impliqués dans la concrétisation des travaux et l’entretien du sentier sont le Club motoneige Dolbeau-Mistassini et le club Coursiers des neiges de Normandin.

Une région solidaire

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Pour la MRC Maria-Chapdelaine, il s’agit de beaucoup plus que d’un nouvel attrait touristique à ajouter à la liste. Soyons clairs! Pour plusieurs communautés réparties sur ce vaste espace forestier qui ne compte que 25 000 résidents, il s’agit d’une question de vie ou de mort. Notre-Dame-de-Lorette, Saint-Stanislas, Sainte-Élizabeth-de-Proulx, Saint-Ludger-de-Milot, Saint-Edmond-les-Plaines, Girardville, Saint-Eugène-d’Argentay, Normandin, Albanel et Péribonka… Certaines de ces localités sont considérées comme « dévitalisées » à la suite de la crise du bois d’œuvre qui les a frappées de plein fouet. Elles se battent pour sauver leur église, leur bureau de poste, leur restaurant, leur station-service. Pour garder leurs jeunes et freiner la perte de leur population. Un projet comme le parc des Grandes-Rivières et le sentier La Passerelle du 49e représente pour quelques-unes la dernière bouée de sauvetage.

Président du parc régional des Grandes-Rivières et maire de Normandin, Mario Fortin décrit le parc comme « le regroupement de 13 municipalités qui ont suscité une concertation surprenante. Sans l’appui de la FCMQ, des clubs et du monde politique, nous ne serions pas là aujourd’hui. L’enthousiasme à l’égard du projet est venu de toute part et les communautés participantes, même si certaines vivent des moments difficiles, ont assumé la responsabilité de se relier au sentier et d’offrir des services de qualité aux voyageurs ».

D’autre part, certains se surprendront de trouver un nouveau circuit sur la carte des sentiers fédérés alors que le moratoire subsiste toujours sur le développement des sentiers. « La planification du sentier s’est faite avec les 13 clubs de la région qui ont accepté de céder des portions de sentiers fédérés afin que le parc régional puisse créer le sien », affirme Dominique Gobeil, directeur-général du parc, soulignant une autre belle manifestation de solidarité régionale ainsi que le soutien indispensable de la FCMQ.

La Passerelle du 49e (parallèle): l’incontournable de la saison!

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Le site touristique de la Chute-à-l'Ours offrira 11 chalets près de la rivière Ashuapmushuan

Pour tous les motoneigistes du Québec et les visiteurs de l’extérieur, les 236 nouveaux kilomètres du sentier La Passerelle du 49ᵉ, dans les limites du parc régional des Grandes-Rivières du Lac-Saint-Jean, s’imposent comme LA découverte à effectuer la saison prochaine. Une expérience nordique unique au cœur de la Boréalie.

Votre magazine Motoneige Québec l’a exploré l’hiver dernier en compagnie de l’administrateur régional de la FCMQ, Gaston Fortin, du motoneigiste émérite Omer Harvey, de l’agent de liaison Yanick Claveau et de la présidente du Club motoneige Dolbeau-Mistassini, Marie Bérubé.

Dans son ensemble, le sentier se trouve au nord-nord-est du lac Saint-Jean, dans la MRC Maria-Chapdelaine, passant en marge du sentier Trans-Québec no 93, puis du sentier régional 367. Il est donc accessible, entre autres, à partir du TQ 93 qui traverse les monts Valin en se prolongeant vers la Côte-Nord, ou le 328 vers le Saguenay. Dans un futur rapproché, on souhaite construire une autre passerelle, celle-là sur la rivière Péribonka, qui contribuerait grandement à faciliter le lien avec Lamarche, le lac Tchitogama et les monts Valin, et ce, tout en prolongeant considérablement la saison puisque les motoneigistes doivent actuellement utiliser un pont de glace.

En réalité, tous les sentiers qui relient le Lac-Saint-Jean au reste du Québec finissent par rejoindre La Passerelle du 49e (parallèle). Pour y parvenir à partir de l’ouest du lac Saint-Jean, on passera par les sentiers du Club Passe-Partout de Roberval. Le président, Éric Morin, soulignait d’ailleurs les six voies d’accès à la région reliées au territoire de son club, dont celles provenant de La Tuque, de l’Abitibi et de Charlevoix. On va aussi emprunter les sentiers du club Relais des Buttes de Saint-Félicien et du club Les Loups du Nord de La Doré.

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Une fois sur le sentier La Passerelle du 49e, on se trouvera sur les terres du club Coursiers des Neiges de Normandin et du Club de motoneige Dolbeau-Mistassini. « Notre club va entretenir 94 kilomètres du sentier à l’aide d’une nouvelle surfaceuse adaptée à ce genre d’environnement et financée par le parc régional », explique Marie Bérubé qui s’est dévouée de façon incroyable pour la concrétisation du projet.

En terre inconnue

Le nouveau tracé traverse presque uniquement des terres publiques au nord des sentiers existants. Il exploite magnifiquement les deux caractéristiques fondamentales de cet environnement grandiose : la majesté des rivières de son bassin versant et l’enneigement exceptionnel de l’ensemble du territoire.

Autant toutes ces rivières sont éblouissantes de beauté dans leur cadre naturel inviolé, autant elles ont constitué la difficulté principale à surmonter dans la réalisation du sentier et exigé la majeure partie de l’investissement nécessaire de 6 millions de dollars, étant donné qu’il a fallu construire six passerelles, dont deux particulièrement impressionnantes, pour les enjamber. Même si le paysage constitue un attrait indéniable au fil du sentier, c’est probablement de ces passerelles dont on se souviendra le plus au retour.

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La première passerelle rencontrée sur la rivière aux foins

Quant au reste, le parcours a nécessité un dynamitage dans un court secteur mais n’a pas représenté de difficulté particulière, si ce n’est son isolement. Le sentier, quant à lui, est absolument superbe, large et rapide, extrêmement agréable avec toute cette neige. Son affichage s’avère vraiment original et de très belle facture. Il indique principalement les embranchements vers les différentes municipalités et leurs services.

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Un petit dynamitage a été nécessaire.

« De plus, tous les critères définissant les écoSentiers – respect des cours d’eau et utilisation de matériaux indigènes, entres autres – ont été respectés dans l’aménagement, le tout dans l’espoir d’obtenir prochainement la certification écoSentiers », explique Dominique Gobeil, directeur-général du parc régional des Grandes-Rivières du Lac-Saint-Jean.

Hébergement et services

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La magnifique église de Saint-Stanislas abrite le relais et restaurant Au Clocher

En s’engageant sur La Passerelle du 49e par Normandin, on croise le relais de la Chute-à-l’Ours qui ouvrait pour une première fois l’hiver dernier. En été, le Site touristique de la Chute-à-l’Ours est un camping et un site de villégiature des plus populaires et hors du commun à plusieurs points de vue. Il faut dire que l’endroit, d’abord et avant tout, longe de près la légendaire rivière Ashuapmushuan et ses torrents d’une puissance effrayante. La gestion du site est également spéciale puisque c’est la municipalité de Normandin qui l’assume complètement, intervenant directement dans le développement économique de la municipalité et dans la création d’emploi. « Nous avons maintenant sept chalets quatre saisons en location et notre offre en comptera onze prochainement. À cela s’ajoute quatre unités de motel », affirme le maire Mario Fortin qui est également président du parc régional des Grandes-Rivières du Lac-Saint-Jean. Ces charmants chalets champêtres sont dotés d’une cuisine complète, de deux chambres et d’un téléviseur. Le restaurant du relais se trouve à quelques minutes de marche. « Nous avons investi près d’un million de dollars et nous attendions le prétexte qui nous permettrait d’ouvrir l’hiver. La Passerelle du 49e est l’occasion pour le faire. Nous avons bâti une équipe et formé du personnel. Nous devenons la porte d’entrée du sentier. »

Saint-Edmond-des-Plaines a une magnifique auberge qui vient de rouvrir après une fermeture momentanée.  La nouvelle administration confirme l’ouverture du samedi au dimanche et sur réservation pour les motoneigistes les autres jours de la semaine : 418 792-8484 / stedmond.ca. 

Vers le nord, à Girardville, le centre de villégiature du Lac-à-Jim accueille les motoneigistes depuis plusieurs années avec un forfait incluant le coucher en chalet et les repas. À cinq kilomètres du village, la Ferme forestière Ouasiemsca propose un chalet et un loft avec repas.

Notre-Dame-de-Lorette, aux confins du territoire, a transformé son édifice des loisirs en un grand relais resto-bar qui a créé de l’animation dès son ouverture. On y trouve aussi un poste d’essence.

Saint-Stanislas, dont la belle église blanche était inoccupée, y a aménagé un centre communautaire et un relais avec un excellent restaurant, Au Clocher, qui fait la fierté de son maire, Mario Biron.

Les Chalets Nature présentent pour leur part une formule d’hébergement moderne et diversifiée avec un forfait motoneige et épicerie qui vous permet de trouver dans votre frigo, à l’arrivée, la commande d’épicerie que vous aurez passée. On peut y louer des motoneiges sur place.

En ville, Dolbeau-Mistassini abrite, entre autres, deux hôtels bien connus des motoneigistes : La Diligence de Dolbeau et Chute-des-Pères dans le secteur Mistassini.

On peut aussi s’attendre à quelques réouvertures de pourvoiries et la création de nouvelles entreprises touristiques qui viendront compléter ce portrait déjà engageant.

Gardez-vous donc un peu de temps l’hiver prochain pour découvrir un autre visage de l’hiver du Lac-Saint-Jean.

Merci à Sports DRC d’Alma

Pour réaliser ce reportage, Motoneige Québec a pu compter sur la précieuse collaboration du concessionnaire Sports DRC d’Alma et de son propriétaire Jean-Sébastien Martel, un homme d’affaires qui n’hésite pas à s’impliquer dans le développement touristique et économique de sa région.

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