Hébergements

La pourvoirieCoin Lavigne

Publié le 19 novembre 2017 - Yves Ouellet

Dire que le Coin Lavigne est une institution dans Lanaudière revient à affirmer une sorte d’évidence… évidente! Ce relais accueillant a toujours fait partie du paysage des motoneigistes qui sillonnent le vaste territoire de la municipalité de Saint-Côme.

Contrairement à de très nombreuses pourvoiries, l’histoire du Coin Lavigne n’est pas associée à l’époque des clubs de chasse et pêche privés, mais plutôt à celle de l’exploitation forestière. Situé à la confluence des rivières l’Assomption et Lavigne, d’où son nom, l’endroit a d’abord été un camp de bucherons et le quartier général des activités forestières du secteur jusqu’aux années 1940, alors que l’on commençait à utiliser les installations pour la pêche. C’est vers les années 1950 que le site a été transformé en pourvoirie. Au fil des ans, l’endroit connaîtra cinq ou six propriétaires jusqu’à l’arrivée de Sylvain Turenne et de sa famille. L’endroit demeure aujourd’hui la pourvoirie la plus rapprochée du sud du parc national du Mont-Tremblant, presque collée à sa frontière.

Sylvain Turenne, le propriétaire actuel

Dès le début de la décennie 80, le propriétaire de l’époque, Bertrand Arnaud, s’est intéressé au nouveau marché de la motoneige, mais c’est dans les années 1990 que le Coin Lavigne, situé aux abords du sentier TQ 33, est devenu un incontournable. « Nous avons toujours été avantagés par la neige, explique l’actuel propriétaire. Il est très rare que l’on ne commence pas à rouler avant les Fêtes. La clientèle vient de la grande région de Montréal, Laval, la Rive-Sud, les Cantons-de-l’Est, la Montérégie et même de Québec. Ce que les motoneigistes apprécient dans Lanaudière, c’est d’avoir un important réseau de sentiers sur lequel on trouve un grand nombre de relais. Ainsi, on peut rouler sur de longs segments si on longe les limites du parc et des réserves Matawin et Mastigouche, ou se promener en faisant autant d’arrêts que l’on veut. De plus, comme les sentiers contournent les lacs et empruntent d’anciens chemins, ils sont prêts tôt en saison et toujours beaux. »

Le secteur du Coin Lavigne est desservi par le club de Notre-Dame-de-la-Merci, mais les sentiers des clubs de Saint-Donat et de Saint-Côme s’approchent à peu de distance du relais. Sylvain a été directeur du club de Notre-Dame-de-la-Merci durant trois ans et continue de s’impliquer en maintenant une des surfaceuses chez lui et en posant des affiches à l’automne.

Investir

À son arrivée, le bâtiment d’accueil ne datait que de 2003. « Je me suis plutôt concentré sur la restauration des chalets existants, faisant passer leur nombre de 12 à 18 et ajoutant plusieurs autres chalets au bord des lacs. Nous continuons d’investir chaque année pour améliorer et diversifier le produit », indique-t-il.

Sylvain Turenne se considère chanceux de ne pas avoir été trop affecté par l’exclusion de la motoneige du parc national du Mont-Tremblant et les longs délais pour parvenir à une solution de rechange. « C’est Saint-Donat qui a écopé et les répercussions négatives que nous avons ressenties viennent du fait que les touristes américains ont délaissé cette destination autrefois très fréquentée. De plus, au lieu de faire une boucle en passant par chez nous, les motoneigistes doivent maintenant faire l’aller-retour, ce qui est moins apprécié. »

Surtout la pêche

Malgré l’action incessante au Coin Lavigne durant l’hiver, Sylvain Turenne reconnaît que la motoneige ne constitue qu’environ 20 % de son chiffre d’affaires – un chiffre qui reflète l’extrême popularité de la pêche en été plutôt qu’une faible fréquentation des motoneigistes. « J’ai eu 7 700 pêcheurs l’été dernier et le site compte une occupation de 160 à 170 villégiateurs par jour. Les lacs sont ensemencés chaque semaine et, même en hiver, un des lacs est ensemencé deux fois par semaine pour la pêche sous la glace. Nous avons 88 places en hébergement l’hiver. La proximité de Montréal nous sert bien et nous amène également une bonne clientèle européenne », précise-t-il.

Le Coin Lavigne assure un service de restauration avec un menu de casse-croûte simple qui satisfait les besoins de la clientèle. « J’ai engagé un vrai chef il y a trois ans et il préparait des menus du jour plus élaborés, mais les clients continuaient de réclamer de la poutine et des clubs-sandwichs, souligne M. Tourenne. On a donc repris notre menu d’alimentation rapide bien faite. »

L’endroit propose également sur place neuf motoneiges en location.

 

L’esprit de famille

Le Coin Lavigne se veut maintenant une entreprise essentiellement familiale, tant dans son esprit que dans sa gestion. Chaque membre du clan familial y tient son rôle. Sylvain tient le phare du matin au soir, installé devant l’écran derrière le comptoir où il accueille les arrivants. Il court à la pompe pour servir l’essence, répond aux nombreux appels téléphoniques, sert au bar et dirige l’équipe de travailleurs de la pourvoirie. Outre cela, il siège sur un des deux fauteuils devant le foyer et anime la discussion avec son groupe de fidèles amis qui lui rendent visite toutes les fins de semaine et partagent les ailes de poulet avec lui le vendredi soir.

Mylène Joly, conjointe de Serge Turenne, met la main à la pâte, alors que chaque fin de semaine, leurs deux filles, Anabelle et Rosalie, sont sur place, à la caisse et au resto.

Le chasseur

Sylvain entreprend cet hiver la dixième saison de sa vie de pourvoyeur, mais cet homme aux allures de grand ado a eu un certain nombre de vies antérieures et mène actuellement quelques vies parallèles, dont une de chasseur globe-trotteur. Dire qu’il s’agit d’une passion serait sous-estimer son intérêt pour la chasse. C’est plutôt une obsession, comme le laisse voir les photos de ses trophées de chasse rapportés des quatre coins du monde et qui défilent sur un cadre numérique posé au bout du comptoir du bar.

« Je suis d’abord un chasseur, affirme-t-il. J’ai chassé partout sur la planète et cette année seulement, j’ai 11 voyages de chasse organisés. De mars à novembre, j’ai au moins une à deux semaines de chasse par mois. » L’Afrique, l’Ouest canadien, le Nord québécois, Anticosti… Le monde est son terrain de chasse. Il collabore aussi à plusieurs émissions sur les chaînes télévisées spécialisées. Donc, si vous aimez discuter de chasse après votre journée de motoneige, Sylvain Turenne est votre homme!

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