Photoreportages

La traversée du Lac-St-Jean à vélo !

Publié le 16 février 2020 - Jocelyn Proulx

« Pas de motoneige, pas de Traversée! » David Lecointe, directeur général de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo

Une semaine avant le coup de départ

Nous sommes à une semaine du coup de départ de la Traversée du lac Saint-Jean à VÉLO! Il fait froid – on parle de -15 degrés sur le lac Saint-Jean, un 7 février. Deux motoneigistes bénévoles – deux retraités, Laval Larouche, technicien en génie civil et Chantal Girard, propriétaire d’un hôtel réputé – sont à préparer la piste de 32 kilomètres qui relie Roberval à Péribonka. En fait, ils sont à installer 32 bornes le long du parcours, chacune constituée du magnifique drapeau de la région du Lac-Saint-Jean (bien peu connu d’ailleurs à l’extérieur du secteur).

C’est difficile. D’abord, le froid mord les doigts et il y a des imprévus. Dès l’installation de la première borne, ils s’aperçoivent que la mèche de la perceuse est inadéquate pour percer la glace. Il faut retourner sur la rive pour en chercher une autre. Une heure plus tard, problème réglé. Puis, au 7e kilomètre, la motoneige de Chantal Girard tombe en panne. Cellulaire en main, ils demandent de l’aide, mais personne n’est en mesure de venir la remorquer. Heureusement, les deux hommes sont bien équipés. Laval Larouche accroche l’engin de son camarade et le ramène sans problème à la rive. La journée est terminée, il faudra revenir demain.

Le plus beau dans cette affaire? Pas un seul juron n’a été prononcé. Jamais, je dis bien jamais, Chantal ou Laval n’ont perdu patience. La bonne humeur, la joie de vivre régnait :

« Nous sommes des privilégiés, lance Laval Larouche. Nous pouvons profiter de ce spectacle magnifique sur le lac Saint-Jean, l’immensité, le grand air. Pas besoin de voyager au bout du monde, c’est encore plus beau ici. »

À droite: Ici, on aperçoit le motoneigiste Laval Larouche après l'installation de la première des 32 bornes du sentier de vélo.

Le drapeau de la région du Lac-Saint-Jean est une oeuvre et une initiative de l’artiste Robervalois Jean-Marie Fortin. Le drapeau a été hissé pour la première fois lors de la Traversée internationale du lac Saint-Jean à la nage en 1964. On y retrouve les bleuets, bien sûr, le bleu du lac Saint-Jean, le jaune représentant l'agriculture, la bande centrale ondulée représentant l'industrie (blanche), le Grand feu de 1870 (rouge) et les vagues du lac.

À gauche: Les motoneigistes bénévoles Chantal Girard et Laval Larouche installent la première des 32 bornes le long du sentier de vélo de 32 kilomètres sur le lac Saint -Jean.

Motoneige vs plein air

Motoneigistes, cyclistes, adeptes de plein air… les relations n’ont pas toujours été au beau fixe. Par contre, Simon Ouellet, coordonnateur de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, et David Lecointre, directeur général, ne tarissent pas d’éloges à l’endroit du club de motoneigistes Passe-Partout Roberval sans lequel cette aventure serait impossible :

           « C’est une cohabitation parfaite, l’un ne va pas sans l’autre. »

           « C’est pas compliqué : pas de motoneiges, pas de Traversée. »

Ce sont les motoneigistes qui construisent et entretiennent la piste. Ils installent des refuges, plus exactement cinq le long du parcours, et les approvisionnent en bois de chauffage et en victuailles pour les cyclistes. Ils assurent la sécurité pendant l’événement et viennent en assistance au personnel paramédical. Les motoneiges sont partout aux cotés des cyclistes, et franchement, personne ne s’en plaint, au contraire : « Ils sont essentiels, ils sont rassurants », racontent les aventuriers sur la piste. Ce sont les 25 motoneigistes bénévoles qui ramènent sur la terre ferme les cyclistes épuisés avant la fin du parcours. De plus, ils ramassent les vélos abandonnés sur le lac.

Après l'installation de la borne au septième kilomètre du sentier de vélo, une motoneige tombe en panne. Pas de problème, ce sont les risques du métier. Allez, on remorque…

2 jours de travail de la part de 2 motoneigistes bénévoles pour planter 32 bornes le long du sentier de Vélos sur le Lac St-Jean.

En attendant les cyclistes, les motoneigistes, les représentants des médias et le personnel paramédical profitent eux aussi des refuges chauffés tout le long du parcours.

Les motoneigistes ont installé cinq refuges chauffés le long du sentier de vélo de 32 kilomètres. Ils les approvisionnent en bois de chauffage et en victuailles. Le bouillon de poulet est particulièrement apprécié des cyclistes.

Tout le monde y gagne. Des cyclistes amateurs vivent une aventure inoubliable, les cyclistes chevronnés participent à une compétition unique et officielle. De leur côté, les motoneigistes se donnent une mission pendant les trois jours de l’événement. Les contacts sont chaleureux entre les deux groupes.

« On ne fait pas ça pour l’argent », lance Éric Morin, président du club de motoneigistes Passe-Partout Roberval. « En 2018, on a même “calé” de l’argent! »

« Les motoneigistes sont des passionnés », poursuit M. Morin. « On aime travailler avec les gens du milieu. La Traversée, c’est l’occasion de rencontrer des gens qu’on ne verrait pas en temps normal. »  

Éric Morin est bien conscient que le travail des motoneigistes est apprécié pendant la Traversée : « Tous ces bons mots à notre égard, ça nous déplait pas… La Traversée du lac, ça redore notre image », affirme-t-il.

Pas facile, la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, édition 2019

La dernière édition de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo passera à l’histoire comme étant la plus difficile depuis six ans. Il est tombé 30 centimètres de neige la nuit qui a précédé le coup de départ. Les motoneigistes se sont précipités sur le lac et ont travaillé toute la nuit pour réparer les dégâts. L’artillerie lourde a été déployée – souffleuse, différentes grattes… – mais le miracle ne s’est pas manifesté. Trop de neige, les vélos calaient, les cyclistes, eux, s’épuisaient et bon nombre d’entre eux ont dû abandonner. Comme si ça ne suffisait pas, le blizzard et la poudrerie se sont mis de la partie le lendemain. La visibilité était nulle, aucun cycliste n’a pu terminer la deuxième journée. Au final, après les trois jours de traversée, à peine 70 participants sur les 240 qui ont pris le départ ont traversé la ligne d’arrivée. Mais vous savez quoi? Tout le monde a vécu une aventure sensationnelle.

Longue vie à la Traversée du lac Saint-Jean à vélo!

La première des trois journées de la Traversée a été la seule de l’événement qui s’est déroulée sous le soleil. Ici on se retrouve au dixième kilomètre, comme l’indique la borne affublée du fameux drapeau de la région du Lac-Saint-Jean.

À gauche, Éric Morin, président du club de motoneigistes Passe-Partout Roberval, au guidon du vélo de David Lecointe; à droite, David Lecointe, directeur général de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo, sur la motoneige d’Éric Morin…

Le directeur général de la Traversée, David Lecointe, a été sur le lac en permanence pendant trois jours. On le voit ici encourager les cyclistes. David a produit de nombreux reportages en direct pendant l’événement.

On sort l’artillerie lourde pendant la traversée. La tempête de la veille rend les conditions ardues.

JEAN-PIERRE GAGNON a été le seul
cycliste de l’édition 2019 à réussir le
parcours à deux reprises : le
jeudi et le samedi. D’ailleurs, le
jeudi, c’est Jean-Pierre
qui le premier a franchi
le fil d’arrivée.
BRAVO!
Jean-Pierre!

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