Portraits

20 ans de croisière à motoneige

Publié le 19 novembre 2017 - Yves Ouellet

Depuis 20 ans, Pierre Tremblay et son épouse, Johanne, organisent une randonnée amicale devenue aujourd’hui l’un des grands événements annuels à motoneige : la Croisière sur neige.

Prenant le relais d’une formule implantée il y a 25 ans par un autre grand motoneigiste de l’Outaouais et ancien président de la FCMQ, Lawrence Langevin, la Croisière sur neige offrait une version adaptée de la croisière en bateau – une expérience « clés en main » durant laquelle les voyageurs ne s’occupent de rien. Circuit, hébergement, repas, activités, chandail, taxes et services, assistance mécanique et encadrement sécuritaire… Tout est prévu et tout est compris dans le coût du forfait, même le transfert des bagages dans les chambres. Bref, les clients n’ont jamais à porter la main à leurs poches, sauf pour payer leurs consommations en soirée.

Pierre Tremblay, qui a fait carrière dans les forces de l’ordre, est aujourd’hui à la retraite. Il siège depuis l’an dernier au conseil d’administration de la FCMQ à titre d’administrateur de sa région : l’Outaouais. Collaborateur régulier au magazine Web Motoneiges.ca, vous avez aussi pu le lire dans nos pages.

Ses motivations? « Nous avons toujours fait ça pour le plaisir. Ça nous a permis de rencontrer plein de gens intéressants et nous avons adoré ça, assure-t-il. Nous avons toujours eu un noyau de fidèles qui nous a suivi année après année, que des gens agréables qui se sont pliés sans problème aux règles et que nous n’avons jamais entendu chialer. Un couple, les Thibeault, a même participé à toutes les éditions pendant 20 ans. En 2004, Madame Thibeault déclarait que jamais elle ne manquerait une année et elle a tenu parole! »

Les débuts

Lorsqu’il a lancé l’organisation des croisières en 1998, il s’agissait alors d’excursions de fin de semaine qui s’adressaient essentiellement à des gens d’affaires de son milieu. « Il y avait 14 inscriptions à la première excursion, se souvient-il. Nous avons poursuivi de la sorte jusqu’en 2009. »

Pierre Tremblay insiste sur le fait que l’idée première de l’activité était de susciter des retombées économiques en Outaouais et d’impliquer le milieu touristique ainsi que les clubs dans le développement régional. Les clubs locaux ont également toujours été consultés. L’organisation a suivi leurs conseils dans ses déplacements et privilégié les entreprises qui appuyaient les clubs.

L’année du changement

« À partir de 2009, nous avons décidé d’ouvrir la Croisière sur neige à tout le Québec, et d’allonger et diversifier les destinations », explique Pierre. Johanne et lui ont également voulu donner une dimension caritative à l’activité en s’associant à une œuvre de bienfaisance. Une soirée de cueillette de fonds avec vente à l’encan de prix offerts par des commanditaires s’est ajoutée au programme, ce qui a permis de verser en tout la somme de 71 500 $ à la Fondation Kelly Shires.

À la suite de l’ouverture au grand public, le nombre de participants à la Croisière a grimpé en flèche, jusqu’à atteindre 125 en 2004. « C’était trop en réalité. Il est venu des gens d’un peu partout au Québec, ce qui était très intéressant, mais nous avons ensuite limité le nombre d’inscriptions pour que l’organisation ne devienne pas trop lourde. D’autant plus que nous faisions tout ça dans nos temps libres. »

En outre, le couple a commencé à diversifier les destinations, allant dans les Hautes-Laurentides, dans Lanaudière, en Mauricie et même dans la région de Québec, en 2010, pour une édition de la Croisière sur neige que Pierre a trouvée particulièrement mémorable.

La météo

La difficulté première et le plus grand imprévu pour les organisateurs a été la météo. « J’ai vraiment été chanceux. Alors que les sentiers étaient impraticables à la veille de certains départs, nous avons toujours eu juste la neige qu’il fallait quelques heures avant le départ », explique-t-il.

Pierre n’a jamais annulé une randonnée à cause de la météo, mais il a parfois dû réagir rapidement pour ajuster le parcours, dont une année où il a fallu annuler toutes les réservations d’hôtels au sud de Lanaudière pour déplacer le circuit vers le nord à cause du manque de neige.

Le bilan

En 20 ans, Pierre Tremblay calcule avoir généré plus de 700 000 $ de retombées économiques dans les régions. Il dénombre 428 personnes qui ont gravité autour de l’organisation pour donner tous les services nécessaires. « Nous avons tout axé sur la sécurité avec un encadrement constant, des communications par satellite et des règles très claires, particulièrement en ce qui a trait à la consommation d’alcool qui a toujours été interdite pendant les déplacements, souligne-t-il. Il n’y a d’ailleurs jamais eu un accident pendant les croisières. »

Pour lui, toute l’aventure de Croisière sur neige a été essentiellement une grande expérience de couple. « Et si nous avons persisté aussi longtemps, c’est à cause des gens qui ont été tellement plaisants et coopératifs. Des couples se sont formés et des gens se sont mariés par la suite. La plus belle expérience demeure Québec, alors qu’à notre arrivée à Shawinigan, il n’y avait plus de neige. La municipalité a eu beau mettre de la neige sur le pont et les clubs ont tout fait pour nous aider, mais nous avons finalement dû placer les 70 motoneiges sur des remorques pour nous rendre à Québec et revenir à Mont-Laurier à motoneige. Nous en gardons un souvenir inoubliable. »

Rendant hommage à sa conjointe, Johanne, qui a assumé le rôle essentiel d’administratrice, Pierre avoue qu’elle a été un rouage essentiel de l’entreprise. Directrice d’une caisse populaire durant 38 ans, elle a pris sa retraite presque en même temps que lui, l’an dernier. Les deux rêvent de voyages ainsi que d’une existence un peu plus tranquille. Il serait étonnant que la motoneige ne fasse plus partie de leur vie et qu’ils ne profitent pas de l’hiver pour voyager en sentier. Mais ce sera désormais en toute liberté!

Ces articles pourraient vous intéresser