Portraits

Luc Mauricepossédé par le goût de l'aventure

Publié le 16 décembre 2018 - Yves Ouellet

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Luc Maurice est un homme d’affaires prospère, p.d.g. du Groupe Maurice spécialisé dans le développement et la gestion de résidences pour personnes retraitées. C’est aussi un fou du Nord, de l’hiver, de la neige et de l’aventure. La motoneige est devenue l’outil qui lui permet de réaliser ses rêves.

Ancien pilote de la Force aérienne, Luc Maurice a longtemps vécu dans l’Ouest canadien, entre autres, où il a acquis un profond attachement pour le pays qu’il servait et son territoire fabuleux. En 2005, il décide de réaliser une grande traversée du continent à motoneige, de Mandeville, dans Lanaudière, jusqu’à Anchorage, en Alaska, en compagnie de trois complices qui se succéderont à ses côtés.

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Il y a trois ans, pour souligner son soixantième anniversaire, des membres du personnel du service de marketing de son entreprise décident de compiler le carnet de bord que Luc Maurice a enregistré sur magnétophone au fil des jours, de même que les quelques photos qu’il a rapportées, pour publier un beau livre intitulé « Toujours plus loin », lequel raconte cette épopée exceptionnelle. C’est ce magnifique ouvrage qui nous a donné le goût de vous présenter ce personnage hors normes.

Les antécédents

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L’aventurier relate d’abord ses antécédents plutôt écologistes qui l’ont amené à douter des qualités de la motoneige dans sa jeunesse. « Mais au début des années 1980, j’avais un ami d’enfance du Nouveau-Brunswick qui voulait absolument que je fasse de la motoneige avec lui, puisqu’il était toujours seul pour se lancer hors piste. Il m’a donné une vieille motoneige et c’est là que j’ai eu la piqûre. Pas pour la motoneige elle-même, mais pour le territoire auquel elle nous permet d’accéder », explique celui qui fait toujours environ 1 500 kilomètres de motoneige hors piste sur une moyenne de 6 000 à 7 000 kilomètres qu’il ajoute au compteur chaque hiver.

« Par la suite, j’ai commencé à bien maîtriser la machine dans les années 1990 alors que je roulais beaucoup avec un groupe d’amis. Nous étions cinq adolescents dans la cinquantaine qui faisions la chasse aux lignes électriques et aux sentiers boisés du Québec toutes les fins de semaine. Plus on se prenait dans l’or blanc, plus on avait de plaisir! Nous avons amélioré nos habiletés, alors que, de leur côté, les véhicules évoluaient de façon importante. »

Le projet

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« Il faut un peu de folie, un peu de rêverie et beaucoup de détermination pour entreprendre un tel projet », souligne d’emblée Luc Maurice. Pour ce qui est de sa grande traversée, il précise que ses motivations premières reposent sur son goût du défi, son penchant pour la motoneige et son amour pour le Canada et ses habitants. « J’aime découvrir le terrain en suivant les oléoducs, les lignes électriques, les voies ferrées et les routes – faire du ditch riding (rouler dans les fossés), comme on dit dans l’Ouest. Ce n’est pas la mesure du défi qui m’inspire, mais le fait de l’avoir dans la tête avec la volonté inflexible de le concrétiser un jour ou l’autre, ajoute-t-il. Il ne faut pas se poser trop de questions ni analyser trop longuement les obstacles, sinon on ne va nulle part. C’est ma philosophie en tant qu’entrepreneur que j’applique également à mes fantaisies. »

Trois « accompagnateurs » se sont succédés aux côtés de Luc Maurice durant son périple. « Deux des trois sont des amis d’enfance : Louis Thibault et Pierre Richard, deux copains de longue date. Quant à Gaétan Lemieux, un voisin de chalet expérimenté, il a pris le départ avec moi. » Finalement, il a passé au total neuf jours seul sur 37.

Le trajet

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Sans parler d’un circuit planifié au jour le jour, Luc Maurice s’en est tenu à un calendrier de six semaines, du 5 janvier au 11 février, « tout simplement parce que je n’avais pas plus de temps », dit-il. Les étapes et le chemin envisagé pour les atteindre ont quand même subi plusieurs modifications pour une multitude de raisons aussi imprévisibles les unes que les autres.

En rétrospective, le motoneigiste confirme que « le Québec n’a rien à envier à qui que ce soit avec la qualité de son réseau qui s’est encore grandement améliorée depuis 2005. Le Nord de l’Ontario est bien aussi, mais les sentiers sont à leur meilleur plus tard en saison. Ceux du Nord du Manitoba et de la Saskatchewan peuvent également être superbes. Ensuite, il n’y a carrément plus de sentiers, à l’exception de quelques ramifications dans l’Est de l’Alberta, affirme l’audacieux voyageur. C’est là que les fossés, les voies ferrées abandonnées et les bouts de pistes utilisés par les motoneigistes locaux prennent la relève ».

Réalité versus romantisme

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À la lecture de son carnet de voyage, l’image romantique que nous avons de l’explorateur traversant les terres sauvages sur sa monture au fil des rivières gelées, des vallées encaissées, des forêts enneigées et des lacs gigantesques en prend pour son rhume – surtout lorsque l’on constate les distances considérables parcourues en bordure de route à user certaines pièces de la motoneige à la vitesse grand V.

Mais Luc Maurice n’est pas d’accord avec ce constat : « Pour celui qui veut relever des défis, le romantisme tient au fait de les affronter et de les relever avec succès. Le fait que, sur une distance d’une centaine de kilomètres, un microclimat nous place dans un environnement sans neige… Ou le fait qu’il y en ait trop… Ou le fait qu’on se perde ou que la météo nous force à changer de stratégie. Pour moi, c’est ce qui constitue le romantisme de la chose. »

Ce qui l’a plutôt affecté physiquement et moralement, ce sont les très longues journées, jusqu’à 12 heures, à rouler sans relâche et qui se sont succédées. « La dernière semaine, j’ai commencé à ressentir des douleurs considérables au bas du dos. Si c’était à refaire, je partirais une semaine plus tard pour obtenir une meilleure qualité de sentier. Je prendrais aussi deux semaines de plus afin de pouvoir m’arrêter et visiter certaines régions, dont des parcs nationaux, ou tout simplement pour prendre quelques pauses. »

Par contre, les quelques désagréments semblent être largement compensés par la dimension humaine d’une telle expérience et les nombreuses rencontres fortuites au long du chemin. « À partir de la Saskatchewan, les gens nous suivaient sur Internet et savaient que les two crazy Quebecers s’en venaient. Certains maires de village nous accueillaient. Les journalistes locaux nous interviewaient. Nous avons rencontré des gens extraordinaires, même si je n’avais pas voulu faire la promotion de l’expédition afin de ne pas mettre de pression additionnelle. Nous avons également été extrêmement bien servis par les concessionnaires locaux et agréablement surpris par le professionnalisme des mécaniciens qui ont méticuleusement procédé aux entretiens. »

Luc Maurice et ses compagnons ont en effet dû remplacer un nombre phénoménal de lisses au carbure et de glissières, mais outre cela, ils ont quand même été extrêmement chanceux en ne brisant qu’une courroie et en endommageant qu’une chenille. « Vive les rouleaux de broche, les tie wraps et la graisse », s’exclame le chef d’expédition.

Quant à la dimension technologique, il disposait d’un téléphone satellite qui s’est avéré utile. « La technologie et la performance des motoneiges a beaucoup changé depuis et, aujourd’hui, je n’emporterais qu’un petit bidon d’essence plutôt que le réservoir bien trop lourd de près de 20 litres. »

Le livre

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« C’est le plus beau cadeau qu’on m’ait jamais fait », affirme Luc Maurice en parlant du livre Toujours plus loin que ses collaborateurs ont préparé en catimini et ont réussi à lui cacher jusqu’à ce qu’il lui soit offert. En réalité, ils ont fait imprimer 12 000 copies de l’ouvrage qui a été distribué à chacun des 10 000 locataires et employés des résidences du Groupe Maurice. « Cela m’a fait un immense plaisir parce qu’un grand nombre de nos résidents ont vécu l’époque des débuts de la motoneige, ont été des adeptes et sont directement concernés par l’activité. Plusieurs m’ont dit avoir beaucoup apprécié. »

D’ailleurs, si vous qui lisez ce portrait vous sentez interpellés, M. Maurice s’est engagé à vous en faire parvenir une copie gratuitement. Vous n’avez qu’à en faire la demande au Groupe Maurice.

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