Vie des clubs

Club de la Mauricie

Publié le 16 novembre 2020 - Yves Ouellet

Photo de groupe : Rangée arrière, de gauche à droite : Cyndie Thériault, assistante mécanicien; Régis Doucet, mécanicien et directeur Secteur Est; René Thibodeau, secrétaire; Michel Lebrun, responsable des communications et directeur Secteur Est; Line St-Amand, directrice Secteur Nord-Est; Fernand Veillette, bénévole; Michel Plamondon, bénévole. Rangée avant : Louis Germain, président et responsable des opérateurs; Danielle St-Amand, bénévole.

Membres du CA absents : Denis Daneault, 1er vice-président-directeur Secteur Ouest; Gérald Naud, 2e vice-président Secteur Nord-Est; Daniel Goyette, 3e vice-président Secteur Est; Sylvain Arsenault, directeur Secteur Ouest; Mario Lagacé, responsable des patrouilleurs et directeur Secteur Nord-Est; Pierre-André Trahan, trésorier et directeur Secteur Est.

Malgré la drôle de façon d’écrire son nom, le « Club de Motos Neige de la Mauricie » est un club comme les autres. Un club qui donne un service exceptionnel aux motoneigistes grâce à la force démultipliée de l’implication de ses dirigeants, à leur solidarité mutuelle, à leur implication sur le terrain et à un atout essentiel : l’amitié.

Question de commodité, on dit « le Club de la Mauricie » lorsque l’on parle de cette confrérie qui dessert plus le grand secteur de Shawinigan que la Mauricie toute entière, comme le nom le laisse souvent entendre.

« Ça nous vaut bien des problèmes parce que les motoneigistes nous contactent souvent à propos de questions ou de plaintes qui concernent l’ensemble de la région, comme si nous étions le seul club de la région », affirme Michel Lebrun, un des directeurs du Club et responsable des communications. « Nous nous efforçons quand même de répondre à toutes les questions ou de diriger les gens vers le bon endroit », explique Michel qui prend son rôle à cœur.

Autour de la table

Nous nous sommes réunis autour de la table du Relais Tawachiche pour discuter du Club puis, en soirée, au Relais de la Station, en présence du président Louis Germain et de sa gang. René Thibodeau, secrétaire, Line Saint-Amand, directrice, Gérald Naud, vice-président Secteur Nord-Est et Michel Lebrun sont de la discussion.

Question de délimiter le territoire du Club, on parle de Sainte-Thècle, Saint-Tite, Lac-aux-Sables et Shawinigan. « Ce qui totalise 295 kilomètres de sentiers », rappelle René Thibodeau qui a les chiffres en tête. « On va jusqu’à Saint-Alexis-des-Monts, jusqu’à la rivière Batiscan. Ensuite, on part de Mont-Carmel, entre Trois-Rivières et Shawinigan, vers l’ancien village de Doheny. » On note que le Club de la Mauricie comptait un important effectif de plus de 1 700 membres la saison dernière.

Depuis 1971

Son histoire remonte à novembre 1971 alors que le Club est constitué sous la direction de Gilles Mailhot, président, Jules Dupont, secrétaire et Richard Diamond, trésorier. « Plusieurs secteurs n’étaient tout simplement pas organisés alors qu’il existait quelques clubs privés, comme à Sainte-Thècle, et ces derniers se sont joints au nouveau Club de Motos Neige de la Mauricie Inc. »

Division naturelle

Le territoire du Club de la Mauricie a cette particularité singulière d’être divisé en deux parties distinctes par la rivière Saint-Maurice. « Donc, nous ne pouvons pas faire le lien entre les deux rives tant que le cours d’eau n’est pas bien gelé. De plus, nous sommes très dépendants de la rivière des Envies que le sentier traverse six fois », explique Michel Lebrun. Notez qu’en plus du Saint-Maurice, le territoire est traversé par les rivières des Envies, Batiscan, à la Tortue et Shawinigan.

La présence du Saint-Maurice force le Club à maintenir une surfaceuse de chaque côté pour les débuts et fins de saison afin de permettre l’ouverture des sentiers dans l’axe nord-sud avant que le lien est-ouest ne soit établi. « Toutefois, ajoute René Thibodeau, le Saint-Maurice gèle relativement rapidement à cause du barrage qui neutralise le courant. Par contre, il faut quand même attendre 24 pouces d’épaisseur pour y envoyer une surfaceuse alors que les motoneiges exigent six à huit pouces pour passer. Une fois le sentier balisé, on compte deux endroits où traverser, à Saint-Étienne-des-Grès, en dehors de notre territoire, et chez nous, à Grand-Mère. »

Le problème

Lorsque que l’on demande aux membres du CA et au président, Louis Germain, quel est leur principal problème, tout le monde ricane en se lançant des regards complices. Et leur réponse ressemble à celle de la majorité des clubs : « Les droits de passage… »

Le Club de la Mauricie a négocié 722 droits de passage et, bien sûr, des sections problématiques apparaissent chaque année.

Toutefois, il existe une autre difficulté importante que le Club est en train de surmonter, soit l’accès au centre-ville de Shawinigan. « Nous avions perdu le droit de passage, mais il a été renouvelé pour un an la saison dernière et nous avons pu réaliser des aménagements pour amener les motoneigistes au centre-ville où se trouvent les principaux hôtels et restaurants, précise Michel Lebrun. Pour la saison 2020-2021, il nous faut travailler avec la municipalité afin de développer un sentier permanent et sécuritaire », ajoute-t-il.

Un terrain difficile

Le Club de la Mauricie ne travaille pas en terrain facile, selon Line Saint-Amand qui est particulièrement impliquée dans les projets d’aménagement. « Nous avons beaucoup de côte et de roche ainsi que de nombreux endroits où nous ne pouvons pas élargir ou intervenir pour des considérations environnementales. Des sentiers plus étroits se brisent plus vite parce que tout le monde passe au même endroit », explique-t-elle. « D’autre part, ajoute René Thibodeau, plusieurs ententes de droits de passage, surtout en milieu agricole, nous limitent à 15 pieds (4,6 m) de largeur. »

Les membres du CA partagent également une préoccupation importante entraînée par l’engouement pour le hors-piste qui provoque partout de plus en plus de comportements délinquants. Ces comportements compliquent sérieusement les relations avec les propriétaires terriens et menacent nombre de droits de passage.

Enfin, les questions de financement finissent toujours par ressortir lors des discussions avec les dirigeants des clubs de motoneigistes, peu importe lesquels. Toutefois, ces problèmes concernent ici tout particulièrement la grande difficulté à retenir, saison après saison, un personnel stable et compétent, et ce, tant pour l’entretien des sentiers que pour la mécanique. En effet, ici comme ailleurs, le bénévolat est en perte de vitesse majeure. Si bien que les membres du CA sont désillusionnés quant à la possibilité d’avoir une relève qui s’impliquera comme eux. Seraient-ils les derniers de leur espèce?

Moteur touristique

De façon unanime, les dirigeants du Club œuvrent dans une perspective de développement touristique – et par conséquent économique – de leur région. Shawinigan a vécu des périodes difficiles au cours des dernières années, notamment avec plusieurs fermetures d’entreprises et de commerces. En développant l’offre touristique hivernale pour la motoneige, le Club de la Mauricie contribue à sa mesure au rétablissement de l’économie locale de Shawinigan et au maintien de plusieurs petites communautés rurales.

Site web du club

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