Vie des clubs

Club de motoneige Mont-CarletonEntre la mer et la montagne

Publié le 10 novembre 2019 - Yves Ouellet

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Bien sûr, le Club de motoneige Mont-Carleton doit surmonter les mêmes difficultés que la plupart des clubs du Québec quant à la relève, au financement, aux infrastructures, aux droits de passage et quoi d’autre encore! Par contre, on sent chez les bénévoles de longue date, toujours fidèles au poste, une énergie et une passion qui se reflètent dans le bon fonctionnement du club.  Magazine Motoneige Québec a rencontré quelques membres du C.A. du club autour d’une table du relais, avant de partir en sentier avec le président et le trésorier. Le président, Denis Leblanc, a bien raison de manifester sa fierté lorsqu’il affirme que son club est passé de 279 membres, il y a trois ans, à plus de 400 la saison dernière.

Le territoire du club s’étend, à l’ouest, de la rivière Escuminac, au creux de la baie des Chaleurs, jusqu’à Saint-Jules, au nord de New Richmond, puis Maria, sur la côte – ce qui donne un total de 280 kilomètres de sentiers à entretenir. Pour ce faire, le club est équipé de deux surfaceuses Gilbert auxquelles s’est ajoutée une surfaceuse d’occasion que l’organisme a achetée et remise en état. Le territoire du club est entouré par ceux des Chevaliers de la Motoneige de New Richmond et du Club sportif Marquis de Malauze de Pointe-à-la-Croix.

Un relais populaire

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À l’heure où nombre de clubs cèdent ou abandonnent des relais difficiles à gérer et à rentabiliser, celui du club Mont-Carleton démontre une vitalité peu commune. « On est obligé d’ouvrir à 5 h 30 le matin et il y a souvent du monde qui attend à la porte », affirme le président. C’est que, d’une part : « Il se trouve que le relais remplace la salle à manger d’un motel récemment fermé dans la ville et où se réunissaient chaque matin un groupe de retraités pour jouer aux cartes et déjeuner », explique le responsable de la signalisation Maurice Caissy, en ajoutant que le relais est de plus un point de rencontre pour les jeunes motoneigistes qui s’y retrouvent régulièrement.

D’autre part, en plus de se trouver directement sur le sentier TQ no 5, le relais est également extrêmement bien situé en pleine ville. Rien de plus facile que de s’y rendre en auto, en VTT ou même à pied. La propriété, les assurances et les frais divers de l’endroit sont d’ailleurs partagés avec le club VTT local. « En avril, on leur donne les clefs puis c’est eux qui prennent la suite jusqu’à l’automne », souligne Denis Blanchet.

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Le relais propose régulièrement de l’animation avec des musiciens en soirée ainsi que la restauration dont le service est assuré par la cuisinière-gérante Diane Onraet qui se laisse photographier timidement en affichant un grand sourire lumineux.

Pour amasser des fonds supplémentaires, le club va chercher des petits montants à droite et à gauche en vendant des cartes d’affaires affichées au relais et certaines publicités. Le relais s’impose, toutefois, comme sa vache à lait, bien que l’on y engage sept ou huit employés. On comprend pourquoi les administrateurs du club sont heureux d’avoir repris l’entreprise il y a un peu plus d’un an, alors qu’un concessionnaire n’arrivait pas à faire tourner la société. C’est donc dire que si le relais constitue aujourd’hui un apport positif, c’est parce que la direction du club y a travaillé fort, à l’image de Rodrigue Bernier qui s’occupe de la tenue des lieux.

Balisage

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Renaud Landry, membre du C.A., intervient dans la discussion en déclarant que le club Mont-Carleton est un des mieux balisés de la région! Voilà une affirmation que d’autres contesteront peut-être. Là-dessus, il renchérit que le club a équipé ses sentiers d’une signalisation permanente en forêt et qu’il compte sur le travail d’un responsable exceptionnellement dévoué, Maurice Caissy, qui parcourt tous les sentiers durant l’été pour constater les bris et réparer les balises.

Le président insiste alors sur l’implication de 80 bénévoles qui interviennent partout où l’on a besoin d’eux. Au total, ces derniers donnent 5 000 heures de travail par année. Raymond Pichette, trésorier, donne comme exemple son épouse qui consacre gracieusement 20 à 25 heures par semaine à l’administration. Renaud Landry et Maurice Caissy font de la patrouille en sentier. Le club a également un responsable mécanique et des conducteurs de surfaceuses qui cumulent 1 100 heures sur les sentiers. De plus, l’an dernier, le club a construit deux abris en sentier avec toilette extérieure.

Droits de passage

Voilà bien un point où le bât blesse pour la majorité des clubs. C’est aussi le cas pour celui de Carleton qui négocie environ 120 droits de passage annuellement. « Chaque année, on en perd un, explique Denis Leblanc. Cette année, ça va nous coûter un demi-million pour réaliser un détour de douze kilomètres à cause de la perte d’un seul droit de passage. À cela s’ajoutera un pont de 400 000 $ que le club n’a pas les moyens de construire. » Selon Maurice Caissy, le gouvernement devrait préconiser des mesures fiscales pour encourager les propriétaires qui accordent des droits de passage, et ce, afin de consolider la pérennité des sentiers.

Un pionnier

Le Club de motoneige Mont-Carleton a été fondé en 1974. Rodrigue Bernier, associé au club depuis les débuts, se souvient qu’à l’origine, il est né de la fusion avec le club de Maria et celui de Nouvelle, les Montagnards. Le nouveau club a adopté la charte du club de Carleton pour devenir le Club de motoneige Mont-Carleton.

Laurent Arseneau, silencieux au bout de la table depuis le début, s’avance pour déclarer qu’il était là dès le début et que l’édifice de l’actuel relais était le garage du club alors que le local de l’organisation était situé au deuxième étage. Rodrigue recule même plus loin dans le temps en évoquant le moment où le bâtiment était le poulailler de l’ancien couvent, avant d’être transformé en garage.

Aujourd’hui, les membres du conseil d’administration du Club motoneige Mont-Carleton sont fiers de leur bilan et du rôle majeur qu’ils jouent dans l’industrie touristique régionale ainsi que dans leur localité.

Le Club motoneige Mont-Carleton est présent sur Facebook.

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