Vie des clubs

Club des Neiges Sorel-Tracy50 ans

Publié le 15 décembre 2019 - Francine St-Laurent

Ça bouge au club de motoneige de Sorel-Tracy. Il n’y rien d’étonnant à cela quand la barre est tenue par des passionnés. Tenez bien votre tuque, car vous n’avez encore rien vu!

Cinquante années d’existence ça se fête! On le sait, il faut de l’huile de bras, du cœur à l’ouvrage et une volonté de fer pour garder un club actif. Si le Club des Neiges Sorel-Tracy a cinquante ans, c’est que des passionnés de la motoneige ont confié au fil des ans à d’autres passionnés la poursuite de cette belle entreprise. Les trois fondateurs, Florian Salvas, Georges Boulet et feu Romuald Cloutier, ne s’attendaient peut-être pas à ce que le club qu’ils ont créé en 1968 soit promis à une si longue vie!

Pour Sylvain Salvas, qui a présidé le club jusqu’en avril 2019, les choses sont loin d’être finies. « Voilà pourquoi nous avons comme slogan : Regarder vers l’avant! », dit-il avec une pointe de fierté dans la voix. Lorsque celui-ci a pris les commandes en 2014, l’équipe comportait un heureux mélange d’anciens et de nouveaux membres. De nouvelles idées ont alors jailli, apportant tout un lot de changements. Aux prises avec des finances serrées, la nouvelle direction devait rapidement trouver des solutions pour renflouer la tirelire. Ça ne pouvait pas mieux tomber! En effet, Sylvain Salvas et le directeur du club, Gilles Brochu, sont habitués à parler d’argent, le premier étant président d’une entreprise bien installée dans la région, Clôture Sorel-Tracy, et le second, maintenant retraité, a été gestionnaire pour Rio Tinto, un groupe minier multinational anglo-australien.

Des initiatives qui voient le jour

Comment le Club a-t-il réussi à remplir davantage son bas de laine? « Le bureau administratif du Club occupe une petite partie d’un grand garage qui mesure 18 mètres (60 pi) de largeur sur 21 mètres (70 pi) de profondeur. Puisque le Club est le propriétaire du garage, il était facile pour nous de louer une bonne partie de l’espace pour l’entreposage. C’est une initiative qui nous rapporte de l’argent », explique Sylvain Salvas, ajoutant que dans les années 2000, le Club avait construit ce garage dans un grand champ de foin qu’il a subdivisé. « Nous avons décidé de vendre la partie non construite pour 70 000 $, somme qui a été investie dans le Club. Et bien sûr, nous organisons des soupers-bénéfice chaque année pour récolter des fonds. »

Le Club des Neiges Sorel-Tracy a également décidé de modifier le sentier Trans-Québec no 5 afin que les motoneigistes puissent profiter d’autres lieux, comme la Cabane à sucre L’Érablière Durocher et le Club de Golf Continental. « Sans oublier les autres endroits où les motoneigistes peuvent également s’arrêter sur le sentier, notamment les restaurants-bars, le 525 et Chez Esther à Baie-du-Febvre. » L’objectif de l’équipe sortante était de pratiquer une gestion saine. « Aujourd’hui, le Club s’est hissé au top 10 de la rentabilité par kilomètre », dit fièrement Sylvain Salvas qui rappelle que les dirigeants, membres et bénévoles du Club se sont attelés à d’autres tâches. « Nous avons ouvert de nouveaux sentiers et de nouveaux ponceaux, et refait de nouveaux panneaux de signalisation. » Dans le but de rehausser la qualité des sentiers et ainsi améliorer la sécurité des motoneigistes, le Club a fait l’acquisition de deux surfaceuses neuves, ce qui, affirme M. Salvas, « permet aussi aux gens d’avoir du plaisir à circuler sur notre territoire ».

Notre président sortant explique également que ce territoire sillonné de 200 kilomètres de sentiers à entretenir est particulier puisqu’il traverse trois cours d’eau importants : les rivières Saint-François, Yamaska et Richelieu. Sylvain Salvas ajoute que le Club traverse un moment d’effervescence à bien des égards. « Nous avons créé notre propre page sur Facebook. Je m’en occupe beaucoup pour la garder active et vivante. » Les efforts du Club ont porté fruit. La preuve? Il y a quatre ans, le club comptait environ 600 membres. Aujourd’hui, il regroupe plus de 1 000 adeptes. Pour l’équipe du Club, ce sont de bonnes nouvelles. Plus il y a du monde à messe, mieux l’industrie se porte. « En effet, selon des données recueillies en 1996, la motoneige génère des retombées économiques de plus de 3,5 millions de dollars pour la MRC de Pierre-De Saurel », déclare-t-il. Effectivement, on n’a qu’à penser à la fabrication, la vente, l’entretien des équipements liés à la motoneige, sans oublier les dépanneurs, les services d’hébergement, de restauration, d’essence, entre autres. « En plus, ça nous permet de maintenir des emplois dans notre région », souligne Sylvain Salvas.

De gauche à droite : Sylvain Salvas, Jean-Jacques Aussant et Gilles Brochu

Partir avec le sentiment du devoir accompli

Toutefois, Gilles Brochu rappelle que tout n’est pas tout blanc. Les négociations des droits de passage peuvent être un lourd fardeau pour les clubs. La diversité agricole a changé la donne. « De nos jours, on cultive du blé de printemps, du blé d’automne, des légumes bio et bien d’autres choses. Les cultivateurs craignent surtout que la motoneige ait un impact sur leurs plantations! », lance-t-il. En somme, nos deux hommes avouent qu’il ne faut pas avoir peur d’affronter des obstacles et de consacrer beaucoup d’heures à maintenir un club actif. « Heureusement que nos conjointes sont compréhensives.  Elles sont derrière nous et nous encouragent dans ce que nous faisons! », dit Sylvain Salvas avec un sourire complice.

Beaucoup de travail? Cela explique en partie pourquoi les deux hommes (amis dans la vie) songent à lâcher du lest et à passer le flambeau à d’autres. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils resteront les bras croisés, car ils caressent un projet à long terme. Ils aimeraient vendre le garage actuel du Club afin de bâtir un garage-relais d’une superficie plus modeste en campagne. « Ça permettrait au Club de réduire les dépenses, les frais de chauffage et les taxes municipales. Si ce projet devait voir le jour, le relais pourrait offrir une piste de course d’accélération ainsi qu’un service de restauration – un peu comme le Club motoneige Beauceville. L’endroit servirait de lieu de rassemblement pour les motoneigistes et d’attrait touristique », confie Sylvain Salvas.

Soirée du 50e anniversaire du Club des Neiges Sorel-Tracy

Le Club des Neiges Sorel-Tracy célébrait le 17 novembre 2018, le 50e anniversaire du Club fondé en 1968, ce qui en fait l’un des plus vieux clubs de motoneige créé au Québec. Le souper gala – qui avait lieu à la Salle Jani-ber – avait pour objectif de rendre hommage aux personnes qui se sont démarquées dans les 50 années d’existence du Club, notamment André Belisle qui en a été le président pendant plus de 30 ans. Parmi les invités figuraient les fondateurs, Florian Salvas et Georges Boulet, sans oublier Louis Plamondon, député du Bloc Québécois, Jean-Bernard Émond, député de la CAQ, Gilles Salvas, préfet de la MRC de Pierre-De Saurel et maire de Saint-Robert, de même qu’Alain Maher, conseiller municipal de la ville de Sorel-Tracy.

Du nouveau au conseil d’administration

Rappelons que de nouvelles têtes d’affiche se sont jointes depuis à la direction.

Benoit Thivierge est devenu président du Club depuis l’annonce du départ de Sylvain Salvas. Le nouveau vice-président élu est Denis Arel, et Megan Richer, également élue, siègera comme vice-présidente. Elle est la première femme à occuper ce poste en 50 ans.

De gauche à droite : Audrey-Anne Lamyrande (hôtesse), Michel Laporte (vice-président 1), Jean-Jacques Aussant (vice-président 2), Sylvain Palardy (vice-président 3), Gilles Brochu (directeur général), Sylvain Salvas (président de 2015 à 2019) et Sylvain Lemoine (vice-président 4)

 

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