Vie des clubs

Club Motoneige Notre-Dame de la Merci

Publié le 19 novembre 2017 - Yves Ouellet

Dans une région pionnière, qui a toujours été gâtée par la neige et qui fut l’une des premières à développer des infrastructures pour la pratique de la motoneige, le Club motoneige Notre-Dame-de-la-Merci résiste, grandit et s’adapte aux contretemps ainsi qu’aux nouvelles réalités des régions de villégiature.

L’une des premières caractéristiques que soulignent certains de ses dirigeants, attablés pour le déjeuner au relais de la Pourvoirie Coin Lavigne situé au cœur du territoire, est le fait que la grande majorité des membres du conseil d’administration est constituée de villégiateurs qui habitent un peu partout dans la grande région métropolitaine ou dans le reste de Lanaudière – ce qui ne leur enlève absolument rien de leur dévouement et de leur implication, bien au contraire.

David Gaudreault, Responsable mécanique et sentiers

Gilles Gagnon, Vice-président

Marc Desrochers, Président

Un CA de villégiateurs

« Sur nos sept administrateurs, il n’y plus qu’Éric Tremblay qui vient de Notre-Dame-de-la-Merci », précise le président, Marc Desrochers, secondé par le vice-président, Gilles Gagnon (récemment surnommé sur Facebook le « Surfaceur Polaire »), puis le responsable des sentiers et mécanicien de Saint-Alphonse, Daniel Gaudreault. « Nous sommes presque tous propriétaires d’un chalet », ajoute-t-il.

Cela signifie que ces bénévoles ont intégré à ce point leur région d’adoption qu’ils sont prêts à lui donner une grande partie de leur temps, qu’ils se trouvent à leur résidence principale ou à leur chalet. La gestion d’un club de motoneige est une préoccupation et un travail de tous les instants, racontent nos interlocuteurs. Le téléphone qui ne cesse de sonner. Du chialage en masse. Des crises à régler. Des rencontres. Des négociations. De la paperasse. Du financement à trouver. Des activités et des événements à organiser… La liste est longue. Marc Desrochers et son épouse Hélène (une des nombreuses « veuves » de la motoneige) le savent bien.

Un territoire singulier

Le Club motoneige Notre-Dame-de-la-Merci, qui compte annuellement 400 membres en moyenne, entretient environ 230 kilomètres de sentiers dans une région très fréquentée. Toutefois, le territoire a été profondément bouleversé ces dernières années par l’interdiction d’accès au parc national du Mont-Tremblant.

« Nos sentiers rejoignent Saint-Donat, Sainte-Lucie, Saint-Alphonse-Rodriguez, Rawdon et Saint-Michel-des-Saints », explique le président. À cela, Daniel Gaudreault, le directeur des sentiers qui arrivait d’une nuit à bord de la surfaceuse et qui met souvent la main à la pâte, ajoute que le segment rectiligne de 160 kilomètres (TQ 33) qu’il entretient exige plus de 12 heures de surfaçage à exécuter d’un trait.

Une longue histoire

L’histoire du club de Notre-Dame-de-la-Merci remonte presque aussi loin que celle de la motoneige. Déjà, au tournant des années 1970, la motoneige était très à la mode au village et dans toute la région de Lanaudière.

À l’origine, on retrouve des associations comme le club Roi de Forêts et le club Ouareau, fondés à Notre-Dame-de-la-Merci, qui lancent l’aménagement de sentiers et de ponceaux.

C'est en 1989 que le club du Lac Georges devient le Club Motoneige Notre-Dame-de-la-Merci. Suit alors une période d’expansion avec la création des sentiers Le tour des Lacs, celui du lac Sylvère et un autre qui relie le village. Pour maintenir la qualité de ses 80 kilomètres de pistes, le club se dote en 1994 d’une BR 160 qui sera remplacé par une BR 180 en 2003.  En 2005, le club Notre-Dame-de-la-Merci et le club Cherneige de Chertsey fusionnent, portant le réseau de sentiers à 160 kilomètres.

Année fatidique, 2010 voit le parc national du Mont-Tremblant amorcer l’exclusion de la motoneige de son territoire. Cette décision frappe le club de plein fouet puisque le sentier de contournement de 28 kilomètres doit passer chez lui, puis 45 kilomètres de plus en 2013-2014 lorsque la fermeture annoncée survient officiellement. Toute la question du parc du Mont-Tremblant a littéralement pris à la gorge le secteur de Saint-Donat et compliqué l’existence du club, souligne Marc Desrochers.

C’est à cette époque que le CA change d’optique en matière de surfaceuses et, en quelques années, fait l’acquisition de deux Pisten Bully mises au service du réseau porté à 233 kilomètres de sentiers, dont une section de la TQ 33, de la TQ 43 et de la trans-régionale 310, ainsi que 50 kilomètres de sentiers locaux. Les dirigeants se disent très satisfaits de cette mécanique allemande qu’ils affirment être étonnamment moins coûteuse à l’entretien.

Cohabitation

L’exiguïté du territoire de Lanaudière, l’expansion de l’occupation humaine, la présence des forestières, le manque de bénévoles et la difficulté d’aménager des nouveaux sentiers (heureusement le renouvellement des droits de passage ne crée pas de problème) font de la cohabitation avec les quads une des questions les plus préoccupantes pour les administrateurs de Notre-Dame-de-la-Merci, comme l’explique le vétéran et vice-président Gilles Gagnon : « Les clubs quad ont demandé à se servir de nos infrastructures il y a six ans. Nous en sommes arrivés à plusieurs compromis, tant sur le terrain qu’entre nos clubs. Nous essayons d’accommoder le plus possible les quadistes dans le respect de la sécurité et du plaisir de chacun. »

Relais et activités

La principale activité de financement du club demeure la soirée d’ouverture de la saison, un événement très couru depuis plusieurs années. Outre le souper et la danse, on y fait tirer un crédit-voyage ainsi que des séjours de pêche.

L’organisation ne possède pas de relais comme tel, mais compte sur le relais Rouge-Matawin, à Saint-Michel-des-Saints, dont il gère la location pour le couple de sous-traitants qui opère l’endroit.

Situé sur le sentier TQ 33 près des limites du parc, ce relais isolé représente une étape stratégique pour la sécurité et la restauration ainsi que le ravitaillement en essence. Même chose pour le Coin Lavigne dont les propriétaires s’impliquent en offrant diverses contributions et services tout en accueillant en permanence une des surfaceuses du club.

Curieusement, Marc Desrochers affirme qu’il ne compte que deux autres commerces sur son territoire, ce qui limite les possibilités de commandites. « Il y a le Garage Lamarche et le Restaurant du Lac Blanc, dirigé par la souriante et dynamique Nicole Mondor, que les motoneigistes affectionnent beaucoup et surnomment « Miss Sourire ». D’ailleurs, son mari, André, a déjà siégé sur le CA. On y trouve également l’excellent restaurant La Réserve à Notre-Dame-de-la-Merci. Le président déplore que, suite à l’annexion du club de Chertsey, il ne se soit pas créé de sentiment d’appartenance de ce côté.

Resto du Lac Blanc

Nicole Mondor Miss sourire

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