Vie des clubs

L'art de travailler en harmonie !

Publié le 17 septembre 2017 - Yves Ouellet

Le conseil d’administration :

3e rangée : Mario Rousseau, Francis Laliberté, Daniel Laflamme, Nicolas Boucher, Clément Couture - 2e rangée : Jean-Guy Morin, Christian Nadeau, Marc Auger, Linda Auger, Claude Genest, Yvan Bédard - 1re rangée : Joanie Laliberté, Vichy Hamel, Gilles Daigle - Devant : Louis Frigault, président - Absent : Yvon Demers

Fondé en 1972, le Club des Plaines se distingue par un territoire qui se rend à la limite ouest – voire à l’intérieur – du deuxième plus important bassin urbain du Québec. On parle ici de l’ouest de la rivière Chaudière à Lévis et de la ville de Québec au nord-est. De plus, le réseau de 315 kilomètres du club de Chaudière-Appalaches, qui compte quatre abris chauffés, est bordé par le Saint-Laurent sur une longue distance, de Saint-Nicolas aux limites de Leclercville et Deschaillons, et pénètre profondément dans les Appalaches, jusque dans le secteur d’Inverness, Dosquet, Sainte-Agathe et Saint-Gilles. Il s’appuie aux limites de Thetford Mines en incluant Lotbinière. Ce territoire est traversé par quatre sentiers Trans-Québec (numéros 5, 25, 35 et 75), ce qui le rend quasi incontournable pour tous les voyageurs qui se déplacent parallèlement au fleuve.

Un territoire qui rétrécit. Un club qui grandit.

Conséquence de la proximité urbaine, cet espace rétrécit d’année en année avec l’étalement urbain. Au début, le Club rejoignait l’entrée du pont de Québec; aujourd’hui, un des deux sentiers d’approche de Lévis et Québec se rend à l’Hôtel Bernières, devenu Hôtel et Suites Normandin. L’Hôtel Bernières a d’ailleurs été un point d’attache important depuis la création du Club. Tourisme Chaudière-Appalaches, les instances de la FCMQ, dont M. Laurent Cayouette à l’époque, et les promoteurs locaux ont toujours œuvré pour en faire un point de départ des motoneigistes dans la région. Il est vrai que le lien physique avec l’endroit a été sérieusement menacé ces dernières années, mais huit ans d’efforts et de négociation ont permis d’assurer la pérennité du sentier grâce à l’implication de l’administration municipale de Lévis.

Un autre sentier Trans-Québec se rendait au restaurant Boston Pizza et desservait le Comfort Inn, mais il est actuellement interrompu par les ensembles résidentiels. Cela dit, le Club continue d’essayer très fort de rétablir ce lien.

Louis Frigault raconte : « Nous avons deux fusions à notre actif, dont une qui remonte aux années 90 et l’autre beaucoup plus récente qui date de 2014. Fidèles à nos objectifs de maintien du réseau, nous avons repris ce club dont la situation financière était précaire. Ces deux mariages ont été très heureux et nous caressons le rêve de réaliser une autre fusion qui nous permettrait d’être le premier club de la FCMQ à couvrir entièrement le territoire de sa MRC. Nous ne pressons rien ni personne; nous laissons venir les choses. Nous croyons toutefois que cela améliorerait le rapport de force et les possibilités de subventions. »

Équipement, entretien et terrain

Le Club des Plaines possède deux garages et quatre surfaceuses (trois Gilbert, une Pisten Bully) réparties à Sainte-Croix, Sainte-Agathe et Saint-Gilles de manière à bien couvrir tous les secteurs. « Normalement, nous surfaçons les sentiers quatre fois par semaine et nos opérateurs sont des employés rémunérés, explique Louis Frigault. C’est la réalité d’aujourd’hui, car nous voulons des conducteurs responsables, qui ont de l’initiative et qui acceptent de composer avec des périodes de travail extrêmement longues. De plus, nos surfaceuses transportent de l’équipement de signalisation et nous demandons aux employés d’être vigilants et de remplacer les panneaux manquants ou abimés. Sur le plan des assurances et de la CSST, je pense que c’est préférable ainsi. »

D’autre part, avec 1 300 membres et un territoire densément agricole ne comportant à peu près pas de terres publiques, le Club des Plaines doit négocier de très nombreux droits de passage. Le président délègue cette responsabilité qui ne fait généralement pas problème puisque la plupart des propriétaires terriens renouvellent automatiquement les droits et ne veulent pas qu’on aille les rencontrer chaque année. « Les seuls avec lesquels les discussions sont plus délicates sont les gens de la ville qui viennent s’installer en campagne et qui comprennent difficilement l’importance de la motoneige pour la population locale », précise-t-il.

Le Club doit aussi composer avec la présence de la forestière Solifor, de Lotbinière, une société avec laquelle il jouit d’excellentes relations. « Il faut signer un contrat tous les ans avec eux et payer des frais minimaux pour les droits de passage, mais tout se déroule très bien. »

Quant aux difficultés du terrain, les rivières, comme partout ailleurs, constituent des obstacles franchis pour la plupart grâce à des ponts de glace. On a aménagé des ponts sur les cours d’eau les plus dangereux et, pour le reste, le Club mène un projet d’aménagement de pont par année. Il ne reste plus que quelques rivières à doter de passerelles.

Enfin, le Club publie une carte de sentiers et organise une activité de financement annuelle avec le soutien de nombreux commanditaires assidus, dont plusieurs entreprises d’excavation qui affichent ainsi leur appui indéfectible. La responsabilité du souper-spectacle annuel est confiée à Linda Auger qui fait un travail exceptionnel.

Une tradition familiale

La représentation proportionnelle s’avère un principe fondamental au Club des Plaines. « Nous avons 16 municipalités et 16 représentants autour de la table du conseil d’administration », explique le président qui, d’ailleurs, ne compte plus ses années d’implication au sein du Club. Propriétaire d’une boutique de chaussures dans le Vieux-Québec, ce commerçant a pris la relève de son père au conseil d’administration en 1990, ce dernier, Marcel Frigault, ayant commencé à siéger au conseil quelques années après la fondation. Il semble qu’on ne se bouscule pas au portillon pour remplacer Louis Frigault, président depuis près de dix ans.

Son approche est basée sur la répartition des responsabilités, le consensus et le respect du sentiment d’appartenance de chacun. Par exemple, les deux présidents des clubs fusionnés, Yvan Bédard et Daniel Laflamme, ont été nommés à la vice-présidence et les directeurs locaux ont accédé au conseil du Club.

Louis Frigault affirme n’avoir jamais besoin de recourir au vote, chaque décision étant prise à l’unanimité et dans l’harmonie. Cette façon de procéder assure au Club un conseil d’administration stable et des dirigeants fidèles qui demeurent en poste. C’est ce que le président appelle « la magie du CA ». « Avec des bénévoles extraordinaires, des fonceurs et fonceuses passionnés qui créent une ambiance amicale et une chimie exceptionnelle, je peux dire que c’est ma plus grande fierté », conclut-il.

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