Vie des clubs

LE CLUB LE HIBOU BLANC SOUFFLERA SES 52 CHANDELLES EN 2021

Publié le 1 septembre 2020 - Francine St-Laurent

Peter Haldimand se souvient du jour où il a pris les rênes de la présidence du Club, au moment où l’organisme en avait grandement besoin. « En effet, le Club de motoneige le Hibou Blanc éprouvait des difficultés financières vers les années 1990. Il n’avait que 12 membres et aucune surfaceuse. Imaginez! » Notre président ajoute que la FCMQ disait qu’ils ne pouvaient pas opérer un club de motoneige avec si peu de moyens. La Fédération songeait même à fermer ce club moribond plutôt que de le maintenir sous respirateur artificiel. C’est alors que Peter Haldimand décide de prendre les choses en main. « J’ai mis sur pied un groupe de partenaires et un conseil d’administration solide, puis j’ai fait rédiger un plan d’affaires. On n’a pas niaisé avec la puck », dit-il avec une pointe de fierté dans la voix. 

Il a tout à fait raison : en peu de temps, le club a connu un grand essor, passant de 12 à 125 membres, faisant l’acquisition d’une surfaceuse et refaisant son image. Il allait à présent jouer dans la cour des grands. Aujourd’hui, le Hibou Blanc compte 396 membres (dont plus de 20 % proviennent de l’Ontario) et le nombre ne cesse d’augmenter. De plus, le Club est passé de 0 à deux surfaceuses. Il faut savoir que les dirigeants sont de grands défenseurs du principe de saine gestion. « Nous vivons selon nos moyens. La dernière dameuse que nous avons achetée était usagée. Elle provenait d’un centre de ski. »

Un peu d’histoire…

Le Club de motoneige a été créé en 1970 et enregistré à Lachute. « En 1995, nous avons modifié le nom. Avant, il s’appelait le Club de motoneige le Hibou Blanc; maintenant il s’appelle le Club le Hibou Blanc (1995) inc. Selon Peter Haldimand – un anglophone qui s’exprime aussi dans la langue de Molière –, le Club a fait beaucoup de chemin au fil des années grâce à l’huile de coude de ses bénévoles.  Aujourd’hui, ils sont une cinquantaine, sans compter les membres de la direction, à consacrer beaucoup de temps au Club. « Nous avons trois salariés qui travaillent à temps partiel, explique-il.

Ils opèrent notamment les surfaceuses, ce qui nous assure d’avoir des sentiers de qualité de manière constante. C’est important, car c’est le bel état de nos sentiers qui explique en partie le succès de notre club! » Peter Haldimand ajoute que leur réseau de sentiers s’étend sur 140 km reliant le sentier Trans-Québec 3 dans le secteur de Lachute au sentier régional 317 au Lac-des-Seize-Îles et au village de Montcalm. « Nos sentiers traversent entre autres les secteurs de Brownsburg-Chatham, de Wentworth-Nord, du lac MacDonald, de Laurel, de Gore et du lac Louisa. »

Les clés du succès

Il n’y a pas que les beaux sentiers du Club le Hibou Blanc qui attirent du monde. Chaque février, le club organise le populaire Poker Run qui, bon an, mal an, attire près de 75 participants. Trois prix sont offerts aux gagnants : 100 $, 50 $ et 25 $, sans compter les prix d’entrée. « Une partie des fonds est remise à la collectivité. Il peut s’agir du programme de petits déjeuners dans les écoles, de l’hôpital Shriners pour enfants ou de l’hôpital de Lachute. »

L’Hôtel du Chasseur, établissement ouvert en 1955 à Brownsburg-Chatham, est le lieu de ralliement du Poker Run. Les deux propriétaires, Carole Lévesque et Claude Baril – eux-mêmes de grands adeptes de la motoneige et membres du Club le Hibou Blanc –, offrent différents services aux motoneigistes : chambres, bar-restaurant, poste d’essence et remise sécurisée pour motoneiges. Le décor du bar-restaurant étonne par ses murs ornés d’animaux naturalisés offrant ainsi un cachet unique.

La sécurité avant tout…

Président du Club le Hibou Blanc depuis un quart de siècle, Peter Haldimand se souvient d’un bien triste événement qui s’est déroulé sur un de leurs sentiers. « Un jour, un motoneigiste accompagné de sa jeune fille de 11 ans avait perdu le contrôle de son engin. Il s’était blessé sérieusement au genou », raconte-t-il. Comble de malheur, ils étaient loin de tout. « La jeune fille a dû laisser son père pour aller chercher du secours. Elle est retournée sur ses pas après quelque temps, car elle avait trop peur de marcher toute seule dans la forêt en pleine obscurité. »  Selon Peter Haldimand, elle a attendu les premières lueurs du jour pour reprendre le sentier à pied. Il faisait très froid cette journée-là, plus froid que -30 °C. Au cours de l’avant-midi, un opérateur de surfaceuse a aperçu par miracle le motoneigiste. En l’aidant à se dégager, l’opérateur a appris que la fille du blessé était partie depuis quelques heures pour chercher de l’aide. « Ils l’ont retrouvée quelques kilomètres plus loin. Elle souffrait d’engelures. On a dû lui amputer une partie de ses deux pieds. » Peter Haldimand s’est alors promis qu’une telle histoire ne se répéterait jamais sur les sentiers du Club.

« Pour la sécurité des utilisateurs des sentiers, nous avons mis en place un Service d’Évacuation d’Urgence en milieu isolé grâce à l’aide financière de Québec. Nous avons aussi reçu de l’argent de la FCMQ », affirme le président. De son côté, la MRC d’Argenteuil a installé près de 130 panneaux d’urgence à l’intersection des routes. Le service fonctionne 24 h/24, 7 j/7. Il s’agit de composer le 911 et de transmettre le numéro d’identification qui indique aux services d’urgence votre emplacement précis.

Pour Peter Haldimand, ces mesures sont très importantes, car elles peuvent sauver des vies.

Pour plus d'informations

Ces articles pourraient vous intéresser